Pierre-Etienne BALLIF
Pierre-Etienne BALLIF

Pierre-Etienne BALLIF

Pierre-Etienne BALLIF
Mère miroir et narcisse caméléon
(Œuvre d’art fluxusso-beniste, sic)
par Pierre-Etienne BALLIF


Les événements et le verbe être


Le postulat de départ est le suivant : le réel est neutre esthétiquement. En langage clair, il n’est ni laid, ni beau : ni le grand canyon, ni ma femme, ni celle de mon voisin ne le sont par l’effet de leurs propres substances.

Tout savoir de ces formes doit aboutir à la reconnaissance de leur RÉALITÉ avant tout choix effectué de jeter ou pas son dévolu en termes narcissiques progressifs et donc évolutifs sur tel ou tel objet, comme certaines interprétations sont dites évolutives, mutatives ou déterritorialisantes.

De l’axiome de Maldiney : « Le beau est l’accord avec elle-même de la proposition », on ignore que le sujet différent ou semblable ontologiquement, en est le principe décisionnel.

La question est donc du jeu auquel, à condition d’en avoir conscience, donc envie, je participe, créant le beau en moi.

L’approbation d’une forme, qu’elle soit naturelle ou artificielle, dépend toujours de l’individu seul confronté à cette réalité et la conscience, l’intelligence et la compréhension des raisons d’être de ce qui stimule nos sens est gage d’ouverture du sujet vers la réalité objectale comme semblable ou différente de ce qui sémantise ce sujet.
Cette ouverture est donc gage d’amour, non de Narcisse en mère-miroir, mais de la mère réelle, c'est-à-dire d’une mère composée de toutes les psychés à laquelle fait face un Narcisse Caméléon.
Pourtant, cette compréhension de la réalité de l’objet esthétique, c'est-à-dire d’un objet auquel on confère ce statut, n’est jamais gage obligatoire de la qualification par le sujet de sa forme en termes de plaisir ou de déplaisir.

Il faut affirmer, dans un premier temps, le prima du psychologique qui dose l’affectif, le cognitif et le sensuel chez chacun, et responsabiliser et isoler théoriquement chaque sujet, avant, dans un deuxième temps, de faire retour à ce à quoi chaque sujet se subsume, à quoi chaque sujet obéit, bref, à la grégarité, au surmoi et au moi social.

Commencer par le sujet humain, par le cogito, c’est poser que ce qui est beau est vrai. Le bien-fondé d’une relation sujet\objet esthétique est la vérité de la proposition.
Or, la vérité classique est celle de l’objectivité absolue neutralisant le sujet. Elle appartient au domaine de la preuve, du mathem, alors que la vérité la plus profonde de l’individu seul, est celle de l’idiome qui révèle le singulier sans l’autosuffisance duquel nulle œuvre d’art ne naît techniquement viable, singulier qui doit être à lui-même sa propre preuve en quittant maman.

Se sortir de l’impasse fascisante ou autiste n’est possible qu’en constatant simplement la vérité de tout ce qui est, jusque et y compris la positivité de l’imaginaire qui s’incarne en l’œuvre.
Seul, le statut de la vérité change, parce que changent de diagrammes les trois sujets qui composent un être humain réel :
le sujet du Logos, universel, intemporel et interchangeable;
le sujet de la Poésie, singulier, unique, absolument différent;
le sujet de la technique, médian, à la foi juridique, psychologique et surtout pratique.

Pour un artiste engagé dans une procédure de perfectionnement et de purification, le sujet du Logos et de la Poésie obéissent à la recherche de l’idéal du moi.
La tension contradictoire, presque paradoxale de ces deux pôles est souvent le moteur des passages à l’acte les plus performants. L’extrémisme et la radicalité des choix font des œuvres produites les incarnats plus ou moins purs soit du même absolu, soit du différentiel le plus radical.
L’amateur, l’artiste est le premier d’entre eux, coïncide historiquement avec le modus vivendi du sujet médian, celui de la technique qui inscrit, espère-t-il, sa vie esthétique dans le bien-être. Il cherche la viabilité de sa psychologie, c'est-à-dire soit la confirmation de ce qu’il tient pour la vérité, soit son altération qui lui permet de jouir de sa faculté de critique.
Les contradictions internes libidinales auxquelles se livrent en permanence les trois sujets qui nous composent, s’apaisent dans la connaissance et la compossibilité de deux instances aux buts différents : l’idéal du moi d’une part, moteur entre la naissance et la mort et le moi réel idéal transversalement établi par chacun d’autre part.
Le premier est d’essence révolutionnaire, progressiste et absolutiste, le second est tempéré, viable, réaliste, on a coutume de dire sub-dépressif.
MOI IDEAL (naissance) vers OBJET IDEAL DU MOI (mort) ligne de vie, temps qui passe.
MOI REEL IDEAL, coupe transversale effectuée ici et maintenant.
Ces bipolarités correspondent à des réels différents suivant les individus.
Si la psychanalyse est, en matière de libido, technique des techniques, c’est parce qu’elle permet à l’analysant la mise à jour de la vérité de son équilibre\déséquilibre entre ces deux pulsions souvent contradictoires, par le dit de son anecdote.
Idéal du moi, idéal du nous, moi réel idéal, nous réels idéaux entrent en jeu dans le fait culturel dont les artistes produisent des incarnats.


Prendre conscience de son beau


Cette responsabilité, peu de gens l’assument consciemment, préférant penser la beauté résider dans l’objet. La saisie du phénomène est, elle, quasi infinie. C’est, du moins, ce que nous postulons contre la clôture des bans.

Que se passe-t-il en moi, constatant ce neutre objectal esthétique ?
D’abord qu’après un certain délai de latence, je sois stupéfait par la beauté de toutes occurrences, puisque libéré de mes guerres intestines ; je retombe en enfance ! (Epiphanie : Je co-nais).
Envisageais-je de décrire les principales structures assimilantes des grandes beautés, je ne peux que constater que tout jeu auquel je participe nécessite en moi un accord avec ses règles.

Le poète plasticien est celui qui joue avec ses propres règles et ce jeu s’incarne dans la matière.
Son espérance est que l’incarnat de son jeu lui procure des partenaires. Or, c’est avec ses propres règles, souvent inconscientes, que l’entrant y accédera.
Peintures, sculptures ou installations ne sont pas forcément sèmes, mais possibles pour l’entrant qui doit y mettre ses propres billes.
De ce point de vue là, ici et maintenant, toutes œuvres, toutes occurrences sont contemporaines, les peintures rupestres comme Buren.
La critique et l’histoire sont le « venir avec » d’un présent perpétuel n’en demandant pas tant. L’histoire avec un grand H est, au pire, celle des contentieux, au mieux celle du vrai postulé, ici et maintenant, éternel, mais dont on sait qu’elle sera dépassée, fort heureusement.
L’entre-deux que notre mémoire déploie nous déporte de l’animalité où coïncident les maxima jouissifs et/ou souffrants du pathos non pensé, croit on.
Non négligeables en tant que telles, elles sont en esthétique, d’une certaine manière, inadéquates à leurs motifs, mais adéquates à leurs propos, leurs propres jeux structurants ou référents, étant artistiques et l’art étant le venir avec du réel, entendu comme Donné ou Trouvé.
C’est probablement le principe créateur, si l’on fait Dieu à notre image, qui engendre le jouir non encore sémantisé et/ou valorisé du vivant conscient.
L’éventail des beautés possibles dépend donc de la conscience qu’on en a et donc du degré d’ouverture au nouveau et de présence à soi-même que nous y importons.
Le sujet du même, caricaturé, dépend des faisceaux. Le sujet différent, caricaturé, est idiot, anarchiste, libre.

Laissons de côté les connotations de ces deux pôles, qui nous compliquent la tâche.
Nous avons donc deux séries de beautés, deux ensembles possibles et une fonction médiane occupée par les consciences individuelles (pouvant faire collectif, voir la personne juridique puisqu’un musée comme Beaubourg possède un droit de parole sur les œuvres qu’il détient, postulant ainsi qu’il est apte à en dire le vrai. A notre avis, nous détenons un droit de parole inné, en la matière. La critique d’art nous en prive, par ses fascismes publicitaires. Là, le plus fort gagne, qu’il soit pluriel ou singulier. Il est important, à ce titre, de distinguer le vrai que nous tentons ici de cerner du vrai scientifique au registre de la preuve, alors même que l’œuvre est preuve parce qu’elle est incarnat.)
Le nom du différentiel est anecdote instantanée en conscience, le nom du même est étalon intemporel inconscient, répété sémantiquement, réitéré concrètement. L’inconscience, en la matière, fait retour au neutre qui instinctive l’artifice. En effet, les donnés et les trouvés sont les inconscients collectifs de corpus humains plus ou moins larges, allant de celui d’une famille, à celui de l’humanité.
Entre ces deux absolus, le sujet réel fait son marché.
Cet outil conceptuel peut permettre de situer l’époque, le biotope et plus simplement le trajet de vie, le jeu de piste qu’on approuve ou qui vous approuve les choix.


Sur le plan objectal, il y a quatre grandes familles de beautés :

La nature (est beau ce qui est sans que je mette mes sales pattes dessus), l’artifice(est beau le singulier, l’unique, le créé), l’humain en tant que corps sujet (accord réflexif de la proposition avec elle-même), l’humain (cet homme-ci par le poème, nous par les thèses) en tant qu’esprit sujet (accord sémantique parfait de la proposition avec elle-même).



L’oxymore, qui fait sens depuis environ deux siècles (en interrogeant les limites morales d’acception des termes : une belle laideur, un antéchrist, etc), semble être un point de passage obligé libérateur parce que réalisant ce recentrage du faisceau des idées reçues en passant par leur critique bipolaire, libérateur donc de notre civilisation ; il l’a été pour moi avec Baudelaire (La Charogne), avec Verlaine (Le Crachat), après l’Arte Povera et Support Surface par exemple.
Que la beauté, gratuite s’il en est, fonde le Singulier tel que, quelle que soit la manière, »l’accord avec elle-même de la proposition » soit d’abord approbation de soi-même, jouissance de soi-même vivant, situe le problème à la source de ce Bien, c'est-à-dire au Bien-Être.

Ce jouir est anarchie si le Singulier est seul en conscience, ce Singulier se subsume à quelque norme s’il n’est pas viable seul, c’est-à-dire au plan psycho-logo-esthétique, viable sans faisceau auquel il fera allégeance.

Or, ce bien-être afonctionnel n’a pas d’essence (autre que ce lieu ou coïncident l’idée et l’idéat pour les idéalistes, la matière et l’idée pour les matérialistes) au sens platonique du terme et s’il n’est pas dans la re-connaissance et dans la re-assurance, il se doit d’être dans la connaissance et dans l’assurance d’au minimum une invention, au maximum une création.

Ici et maintenant basé sur l’autosatisfaction, le jeu joué sera soit l’affiliation au connu et à l’avéré, soit la confrontation à l’inconnu et à l’anecdote, c'est-à-dire que le Singulier désirant a besoin à la fois de Même et de Nouveau ; le genre a les mêmes besoins.
Nous envisagerons ultérieurement l’enveloppe protectrice qui fait le Dedans et le Dehors d’un utérus de substitution, dont le nom, chez Didier Anzieu semble être « Moi Peau ».

Le Singulier tend soit vers son assimilation (quitter la solitude, faire lien), soit vers la connaissance de soi absolument seul, solitude qui nous semble avoir généré chez Gilles Deleuze et Félix Guatari le concept de Différence ontologique.
Par ce concept, nous entendons que la schize de la naissance est saisie dans son pur absolu singulier et la pure réitération d’un même par Lalangue qui fascise et communise, pour un meilleur et un pire.

L’épiphanie, à la foi structure et isole.
Elle est identification mutative ; connaissance de soi autre et pourtant reconnaissance d’un objet de désir, d’étranger objectal à même narcissique, elle se reconnaîtra désormais, structurante, même en tant que condition de l’autre même. Si je ne parle ici que d’interprétation mutative, c’est parce qu’elle est l’événement artistique pleinement jouissif et sécurisé que cherchent les amateurs éclairés, tempérés et souvent viables. Nous dirons de cet événement qu’il fait moyenne. Entre l’évolution sans saillie et le bouleversement, nous dirons donc qu’elle fait « juste mesure », mais ne dit pas tout, à l’évidence.

Cette dialectique du même et de l’autre dépend de la structure de chacun ; la structure groupale qui gère cette dialectique est soit une résultante, soit une moyenne et renvoie à une dialectique politique, celle-là.

A ce point transversal, le même de la langue a réglé le trauma de la naissance qui est quelque chose vécu seul et le faisceau qui fait que cette expérience absolument différente soit quelque chose de consistant et engage un esprit de suite, est l’héritage qui étaye, qui structure un préverbal qui a et aura, tout au long de la vie, vocation à se dire. De préverbal à non-dicible, le Surmoi castre et viabilise un absolu et assure la survie d’un continuum, pendant que l’obscène garantit l’être seul anecdotique.
Le sens, la logique sont l’expérience du temps dosant le morbide (la souffrance et le pathologique) et le vivant (le jouir, la pulsion de vie).

La naissance entraîne la compensation : Ce qui bouche le néant qui fait source dans et par le circonstancié qui doit faire monde en lieu et place d’une complétude quasi parfaite de la vie intra-utérine, sera d’essence perverse, si le vivre est choix de quelque chose qui nie le possible du tout-monde dont la pleine conscience sera toujours à venir jusqu’à l’apocalypse. Au sens générique et névrotique du terme, alors que celui-ci peut voler en éclat s’il y a dépassement de capacité, bref, incompatibilité entre le réel infini et la programmatique individuelle. A ce titre, toute décompensation est existentielle.
Mais…
Qui nie le possible du tout, c'est-à-dire de rien de possiblement conscient in extenso, mais cependant à conquérir et à créer.
L’état des choses sans désir est vierge, neutre. Les circonstances sont à la fois orgiaques et malheureusement pour le religieux, péché.
Rien à voir avec le sexe qui n’est qu’une catégorie du circonstanciel.
L’abstraction vers le neutre du Logos est donc, du strict point de vue de la non-intervention artistique, l’art et la manière de pousser son bouchon plus loin (un peu trop loin ?) vers le cognitif : L’abstraction abstrait de la vie le vivant à la fin d’en connaître et donc d’en normaliser l’avènement ; le concret l’y réintègre.

L’abstraction est intrasystémique, sauf si je conceptualise Ma Différence et suis une ontique de moi-même. Tel est le travail colossal de reconstruction après la décompensation. Nous l’avons dit, le nouvel utérus de substitution vole à ce moment-là en éclats et un travail de resémantisation et surtout de recréation est à faire.
Seule, la Différence est nouvelle, d’un Corpus qui s’annonce illimité à condition qu’il soit désiré et conçu tel.

La Différence fait sens avant toute lettre ; le paradoxe est donc vivant : En effet, la lettre est une nouvelle naissance, celle-là pleinement consciente, dont la source a été a-systémique. Dans la lettre en acte, il y a simultanéité du Même et du Singulier.
Dire le rôle de l’artiste, c’est parler idiome et mathem dans le même temps, c'est-à-dire dans le paradoxe fictionnel de la communication absolue de soi : Un seul sujet auto-référent d’une part, un seul sujet de l’épistémè, universel et intemporel, d’autre part.

Or, que remarque-t-on ?

Que de l’incarner, le tout sauf œuvre d’art le peut tout aussi bien, à condition que cela soit en conscience, c’est-à-dire lors de méditations dites transcendantales qui lavent de tout mirage sémantique parcellaire et instinctualisent la pure présence en l’abstrayant du savoir scientifique ou de la fonction, ou encore de l’utile. On pourrait presque parler de méditation « animale » !

Conscience normée par la répétition du fait contemplatif que chaque œuvre réitère par chaque amateur, l’Art sera, s’il en reste, du différentiel tendant vers son absolu que ne permet pas l’expérience ordinaire.
On a privilégié en occident le dépassement des limites et les professions de foi dépendent donc de leurs corpus natifs, en art.
Que penser de l’outrepassement des tabous, du n’importe quoi, de la pirouette stylisée ou du non-œuvre faisant œuvre ?

Reste le non structurel du Singulier, c'est-à-dire le Beau originé dans l’individu.
Mort à elle-même de ma mort vivante, j’érige des murs de clarté qui fusillent mes yeux clos de mort vivant… Je retombe en enfance, presque en naissance.
Immaculée conception de la macula : Dite, elle n’est plus tache, mais son contraire… ; struction.


Les pré-requis.

Apollon et Dionysos ?
Le même et l’autre ?
La poule et l’œuf ?
L’hybride est la règle du réel et l’enchevêtrement des bipolarités tel que seule, la Différence qui a pour nom « propre » est à même d’en déguster en conscience, partant de son anabase, tout le commun.
A ce titre, le spécialiste parle à d’autres Différences ontologiques potentielles.
Dire le vrai du différentiel, c’est générer puis conforter, par le faisceau généré, sa propre compensation au trauma forclos en en réitérant au plan symbolique ce qui schize, puis ressoude.

Les mini décompensations épiphaniques sont autant d’occasions de créer, donc de compenser, selon les individus, par du même ou de l’autre.
Il est certains objets qui provoquent plus que d’autres cette création : Envisageant les quatre grandes familles de beauté susdites, qui toutes sont l’accord avec elle-même de la proposition, ces objets dépendent d’autre chose que d’eux même.
C’est la conscience qu’on en a qui les structure et les isole.
A ce titre, le canon, l’oxymore et le différentiel se partagent la part du lion et le viable de ces pôles est le continu des langages grâce auxquels ils sont dits.


MIROIR !
NARCISSE !
ECHO !
VIVANTE MORT !


Le stade du miroir est encore par trop limité au moment que lui alloue Lacan : La vie durant, s’il y a vie en conscience, je me figurerai, je me formulerai dans toutes les occurrences, jusque dans l’inconnu qu’est l’autre.

Toute connaissance humaine est échange, en conscience, entre au moins deux solitudes ; il y a d’ailleurs autant de constructions dosant le normé et le différentiel que d’individus. Schématiquement, le même de l’un peut être le différent de l’autre. A l’intérieur d’une esthétique individuelle, ces mêmes et ces autres changent de diagrammes en permanence.

Le même est instinct de survie au trauma du forclos vécu par la rupture originelle du continuum, l’autre est sa réitération, preuve de la vie et de l’entrée de l’intelligence dans ce continuum. Ces deux mouvements antagonistes sont probablement inscrits dans la parthénogenèse.
L’œuvre d’art en est souvent le témoignage saisissant le paradoxe en l’incarnant, soit dans la continuité soit dans la répétition de cette césure.
L’irruption, dans le courant de l’histoire, des modes de fixation et de duplication ne change pas grand-chose à l’essence de ce vivre ; ils indiquent, pour un temps mal estimé et enregistrent moins intensément ce constant, ils en sont le surmultiplié des pains et des poissons.
Reste la création, son circonstanciel étant secondaire et pourtant, jusqu’au bout, consubstantiel.

Le statut de l’anecdote dans les limbes de la philosophie, n’est pas le vécu une fois pour toutes, mais son avènement, que l’on pointe en religion dans le rapport individuel avec le transcendant, est la naissance de l’autosuffisance que permettrait la psychanalyse. Il y a donc césure entre moyens d’y parvenir et conscience d’y être parvenu, à ce lieu purement temporaire, pour continuer à aller de l’avant.
L’essence de l’art n’est donc pas l’œuvre, bien qu’elle lui soit nécessaire, mais cette altérité à elle-même qu’est la personne.

Ouvrier imagier je suis, qui risque encore, au temps du virtuel et du digital, l’œuvre unique en tentant de l’expliciter pourtant à l’aide de ces moyens mêmes. Quoi de neuf ? Ma foi rien, cela, tout enfant peut le faire avec ses jeux de gosses.

Le ratio du modèle, du canon fondant le normé est affaire de pouvoir, de maître cherchant son esclave et d’esclave cherchant son maître.

Sans cesse, sur le métier remettre son ouvrage, ces lignes seront mes maîtresses… Je ne sais pas ou elles me conduisent, parvenu à cet endroit du raisonnement, mais je respecte la langue française et la portée de ces notes que j’espère mélodieuses.
La raison d’être, d’ailleurs, de toute modélisation est probablement dans ce qui fait des séries de l’expérience morcelée : L’instinct de survie animal ; l’expérience de Pavlov avec son chien l’a démontré.

En miroir, le regard incarne la psyché du spectateur dans ce qu’il reconnaît comme différent de lui. Soit : Sa propre différence et ce qui y met fin.
L’expérience est alors ce chiasme.
Le vieillard valorisant la tradition et le nouveau-né cherchant à multiplier les expériences ne cherchent pas la même spéculation dans l’image.


Comment ouvrir sur du sens par ce qui n’en a pas ?


La page est blanche : Au plan symbolique, l’entre-plusieurs fait première trace. Celui-ci, par l’ouvert du désir, convoque les circonstances d’un premier désir.

La fonction de cette première trace est, paradoxalement, de rendre possibles la fermeture des possibles et la fin de la tension désirante.
Cette première trace est soit du moins, soit du plus : La techné de l’auteur est garante du principe de réalité.

Que se passe-t-il à partir de cette première décision ?

Une deuxième trace, réactive et portant les investissements libidinaux en termes de potentiels, est soit du moins, soit du plus par rapport à la première.

Additionner, soustraire, ce qui se joue là est, en conscience, une représentation du désir d’en finir avec l’ouvert et, par cet ouvert, le désir de durer.
Le corps de ce qui se figure ambivalent ne dépend jamais seulement d’une fermeture préalable à l’acte, ce qui fonctionnariserait cet acte, mais, dans le courant de cet acte, qu’on nommera fasciste ou anarchiste, vivre son soi paradoxal avec métier, c'est-à-dire conscience des tenants et aboutissants de cet acte, qui crée le corps du partage livré à la dévoration.

L’emporte-pièce, la catastrophe ou le studieux d’un rendu, tout porte à croire, mais à quoi ?

Ce même que nous envisageons, ce corps commun ou tout, potentiellement, s’inscrit, est inerte sans la conscience de l’amateur.
Ce corps ne fait, cela est néanmoins d’une extrême importance, qu’engager de manière contraignante le processus identificatoire, non à Narcisse réalisé, fin du mouvement désirant, mais à l’objet du désir comblant potentiellement tout manque et cependant circonstancié. Seules, l’intensité et la gratuité de l’expérience esthétique la différencient d’une expérience ordinaire…Le fait, aussi, qu’elle s’incarne et soit à elle-même, son propre témoignage. L’abstraction de cette expérience esthétique permet la saisie quasi épistémologique et/ou quasi désirante de l’expérience ordinaire.

Ce que c’est, réellement, objectalement, est inerte sans la conscience de l’amateur : ce même que nous envisageons, nous l’envisageons seulement si tel est notre désir !
Ce même ne fait, cela est d’une extrême importance, qu’engager de manière contraignante le processus identificatoire en l’altérant, comme par n’importe quelle autre expérience ; le caractère sacramentel de l’expérience artistique fait pourtant voler en éclat la sensation autistique d’autosuffisance qui est déni de réel. L’ailleurs de toute weltanschauung est prouvé par les traces de cet acte que sont les œuvres.

Le propre de cet autre même est l’artifice, c'est-à-dire la preuve de la conscience en acte, par la reconnaissance du même et de l’autre.
Le même est le sous-venir, ce qui advient, par la reconnaissance du déjà vécu qui survit à toutes questions, par l’autre qui fait saillie dans le continuum fabriqué par les expériences passées, pour faire trace.

Les différents dosages de figures, d’abstraction et de concrétude sont vécus totalement différemment par chaque individu.

Naître à soi-même en art, c’est se responsabiliser dans le temps qui passe en vivant, sur un mode symbolique, le conflit dialectique entre conservation de l’acquis et changement.
L’art est donc un moyen de se trouver, en vérité, car il dit l’image de tout miroir, par chaque miroir envisagé.
Il dit la solitude et l’autre par chaque miroir envisagé et je fais nombre à chaque contemplation.
A l’inverse, ce qui se dit de fonctionnel ou de naturel est oubli de cet ici et maintenant et s’inscrit dans la durée et l’amorale évidence. Ce qui se dit ne se dit alors pas, mais s’instinctive.

Se subsumer tantôt au dionysiaque, tantôt à l’apollinien, mais se créer. Depuis l’impression chante la césure qui fait venir à la conscience notre humanité, son propre ; l’humain est dans une constante dialectique entre le « donné » ou le « trouvé » et sa propre création. Ce qui fait sens et retour sur l’histoire qu’elle révèle, c’est la Différence ontologique qu’est l’individu seul à sa venue au monde.
Chaque œuvre, bien que fragmentaire et circonstanciée, chante cette solitude qui ne demande qu’a faire couple… dans le jugement de goût. L’art ne transcende pas plus l’humain que le monde, il en fait abstraction et se met alors à leur service par la révélation scellée qu’il théâtralise. Il entérine alors la différence entre l’homme et l’animal.


L’essence en peinture, son venir-avec


Il y a problème à saisir, en narcisse ou en écho, l’image, le reflet, le répons vrai. Le sens est là, tout de suite, et compense, ce, dés la naissance.
Le penser est de l’autre, souvent petit, parfois grand. On s’en convainc soi-même quand on naît, en s’accouchant.
Nous l’avons dit plus haut, le tout sauf œuvre d’art le peut tout aussi bien.
La plupart du temps, l’artiste ne sait pas ou il veut en venir, même si la volonté de découvrir un objet de désir qui se figure au fur et à mesure de sa pratique le pousse à créer, s’il se pique d’honnêteté.

On peut néanmoins en dire le vrai, jusqu’à un certain point au-delà duquel la normalisation d’un objet esthétique est sa mort, son innocuité.

L’œuvre, quelle qu’elle soit est à la fois le pathos et sa fin. What you see is what you see and what you mind is what you mind at the same time, that is completely impossible without the purity of art. I mean without creation.

La peinture, pour s’inscrire dans la durée, a trop souvent fricoté avec ce qui se parait des atours de l’intemporel, pour éviter de se nier elle-même comme inapte à son propos qui est la révélation de la création en train de se faire, par la présence créatrice de l’humain au monde.
La connotation comique et anormale de ce raisonnement est que ce propos, en moi, se révèle de l’artifice et du différentiel, dont la prétention essentialiste est négation même de sa vérité et de son essence transitoire.
Cette lettre de l’œuvre, est la connaissance de soi que se doit à elle-même toute Différence ontologique, elle implique la connaissance de soi absolument seul.
L’œuvre d’art est alors, dans le même temps, restauration narcissique maternante et altération pour plus de conscience de ce tout des possibles irréductiblement différent du soi et donc désirable, en germe dans l’enfance des hommes et que l’identification au jeu social de l’époque limite et fascise.
La force de cette étantité qui dure est d’être le contre poison de la dérive anarchiste niant l’épreuve de réalité, gage du vivre ensemble et pourtant gage, elle, de changement et d’ouverture vers l’autre être humain, lui même différent ontologiquement. Passant par notre animalité, la prise en compte de ce rival potentiel sans qui nous ne serions pas humains nécessite l’amour de « sa », nous devrions dire de « toutes » différences à condition que celles-ci ne menacent pas fondamentalement la propagation de nos gènes.

Tout discours postulant la négation du jugement de goût librement effectué par qui que ce soit entraîne l’illustratif de toute forme artistique par rapport à ce qui prétend en dire le vrai.
Néanmoins, dire le relatif, le composite, l’accidentel et les continuités d’une forme n’est pas inessentiel, il y a juste césure entre l’art d’une part, l’épistémè et Dieu d’autre part, tels que la vérité est encore à venir.
Le savoir de ce relatif, qui est la permanence de l’artiste toujours en stand-by, cette prise en compte de l’avenir est quasiment insoutenable sans l’ici et maintenant absolument vrai et honnête qui situe le fantasme démiurgique, à l’origine de toute création.

Le principe de réalité, le fait même du circonstancié, la non-fission entre être et étant ailleurs du système, Clément Rosset l’appelle « principe de cruauté » L’ »étant, forme de l’être », pérennise la schize fascinante entre le sujet et l’objet parce que celui-ci est du domaine du Trouvé ou du Donné et donc intrasystémique.
Le circonstancié veut les fondre en tentant d’être extrasystémique, c'est-à-dire de créer : Non pas nier le vrai, mais le dire synonyme du réel créé, c'est-à-dire naturel, naturel en tant qu’il ne peut être opéré aucune schize entre nature et artifice.
C’est l’écart entre le réel et le fantasme de complétude absolue hérité de la vie intra-utérine.

Pour ici conclure, il est des œuvres qu’on reconnaît soit en partie, soit en totalité comme du déjà vécu et des œuvres qu’on explore et qui nous déterritorialisent.
L’unheimlich Heimlichkeit dessert, aux yeux du plus grand nombre ce qui, pour moi, aura du prix, l’œuvre achevée.


Le tout et le rien


Qu’il y ait quelque chose plutôt que rien renvoie simultanément à deux sujets contradictoires : le sujet-monde et le sujet humain.
Le sujet humain se divinise par la science dont il est le sujet universel, intemporel et interchangeable en tendant à dire ce qui structure toutes psychés, structure à laquelle se subsume, en l’absence de Dieu, le tout objectal à quoi se subsument, dans son œil, toutes occurrences matérielles et psychiques.
Ce sujet, en philosophie, interroge sa négation et la négation de la totalité de l’étant par la pulsion de mort qui tend à inverser le cours du temps de vie par peur de l’échéance ultime, comme l’a fait Heidegger.
Le sujet s’humanise, par l’art, dans le différentiel idiomatique, en disant l’Anecdote.
Cette anecdote est coïncidence entre idée et idéat, entre être et étant, c’est-à-dire l’impossible césure, dans le réel et à fortiori dans le réel humain, de la théorie et de la praxis, de l’être et de l’étant.
Ces deux sujets sont viabilisés par l’être jouisseur sexuel, familial, juridique…bref, par la téchné, à un moment donné de l’histoire.

Le tout et le rien sont alors pulsions de vie et de mort que met en réel circonstancié le Dasein.

La position actuelle se doit, saisissant la réalité ternaire du sujet humain (c'est-à-dire le tout, le néant et la viabilité jouissive du moi dans le Dasein par la techné), d’accéder à la conscience de la part la plus étendue du grand Tout.
L’œuvre d’art n’est pas utile à autre chose que, par sa manière idiomatique, à renvoyer à la fois à cette structure tripolaire et humaniser, par sa différence dite ontologique, en miroir ou en écho, le narcisse en nous.
Comme on aime ce soi autre que nous même, mais pas objet humain de désir, un jugement dépénalisé de goût est opéré, qui interprète, mutatis mutandis le jeu que nous jouons seuls et que nous sommes tous, c'est-à-dire pose, à partir de la Différence ontologique, le nombre et donc le même. Ce n’est pas le dernier de ses effets que de nous épargner tout jugement moral et\ou normatif.
Personne n’est donc, à priori propriétaire du sens qui y fait source. Si tel était le cas, il n’y aurait pas de différence entre œuvre d’art et illustration. A terme, la nécessité même d’une langue serait niée au profit d’une intégration machinique.

En art, les modes opératoires sont situés dans le Dasein avant tous donnés politiques qui organiseraient les fascismes et les anarchismes : L’art est avant tout une expérience privée.
Ce qui a lieu en art est apolitique et ne se laisse saisir qu’à doses plus ou moins concentrées dans toutes Praxis.

Le fait qu’on tire enseignements de notre confrontation à une œuvre d’art ne regarde que nous, si nous en avons conscience.


Le muet et le disert


Nous l’avons dit plus haut, le beau est un affect : C’est l’accord avec elle-même de la proposition dont chaque un fait toujours partie.
Son contraire est la laideur.
Partant de moi, je peux ouvrir, au détriment du laid en moi, mes capacités à vivre la beauté (par les cinq sens plus le cognitif), c’est-à-dire à la possibilité nouvelle d’un désir à combler qui ne menacerait pas l’assise de mes possibles.

Nous voyons que Lalangue est un fantasme issu du Verbe divin inventé par les juifs.

Lalangue personnaliserait la structure en l’humanisant, en épuisant le sens du différentiel par une Ontique du même dont le défaut n’est pas d’être fausse, mais de se prétendre incompatible avec l’humain en tant qu’anecdote.
Cette ontologie est certes plurielle, fonctionnelle et composite, mais fait l’impasse, en la machinisant et en la systématisant, sur la réalité ontologiquement différente que confère à chaque psyché sa singularité. Si l’outil, et non la transcendance qu’est toute langue, est systématisé, c’est l’évolution même qui semble remise en question… du moins son ouverture par le désir !
La compossibilité d’une systémie avec l’ouvert de la vie est certes paradoxale, mais vraie.

L’œuvre d’art fait plus qu’être le miroir d’une genèse passée dont nous vivrions les conséquences, elle crée et objective la Source, originée par les religions en ontiques génériques (celle de l’épistémé, elle, bien que nécessaire, peut conduire à un aveuglement paradigmatique), et la situe dans l’ici et maintenant de l’autre désirable et du même protecteur.
Narcisse est donc saisie, en l’autre, de moi même. A cet égard, le racisme serait haine de soi autre, c'est-à-dire sclérose mortifère arrêtant le temps par les attributs dont se dote, en politique, la réaction, et dont est doté le vivant, cette forme-ci à l’exclusion de toute autre.
Elle serait également haine du décadent artistique et promotion conservatrice de la seule équation primaire par un seul fonctionnement aveugle et automatique, fermeture des possibles.
L’homme doit donc s’émanciper ou se subsumer à son maternage qui dure dans et par un continuum virtuel délirant et narcissique, celui de la machine abstraite et son intrasystémie.

Encore une fois, L’aventure humaine n’est possible que si le minimum de sécurité des moles humaines est assuré, mais le désir est le futur jusque et y compris dans la propagation génétique.

A cet état ou fait source le différentiel, fait source le même ; la naissance n’est pas verbe divin (sauf à penser Dieu comme la totalité de l’étant) ou structure oedipienne, mais à strictement parlé, ce qui advient là qui compense l’entrée du temporel, du limité dans la vie psychique intra-utérine qui devient extra-utérine.
Ce quelque chose qui compense n’est pas Tout, mais un quelque chose valant symboliquement pour le Tout ancestral.
Ce Tout ancestral de chaque un a un pendant fantasmé : L’enfance du monde comme donné.

Cette synchronie, dans le fantasme, nécessite une approbation du réel en tant que les bases du « donné » sont nôtres, cette approbation est gage obligatoire de jouissance et se passe de toute morale, si bien que l’éthique, morale des morales, est une conquête idéelle, une création.
Le désir de complétude absolue se trouve transféré post mortem, et la religion est alors ce chiasme garde fou. Inscrit par le manque créé à la naissance, il fait probablement nécessité là de l’artiste et plus généralement du créateur si et seulement si ce qui compense est structurellement faible, ou trop contraignant pour le sujet.

L’artiste ne fait que compenser par lui même au point d’y consacrer sa vie. Il opère pour d’autres qui n’en sentent pas l’urgence vitale et crée ceci du bien-être qui n’est pas disponible à ses yeux, ou qu’il sait ne pas être à sa portée.
Les amateurs font de même, sans en porter la responsabilité, puisque l’insatisfaction est partagée par tous, quoiqu’inégalement.
Il n’y a donc pas d’autre spécificité des œuvres d’art que d’éviter la sclérose ou un stand-by illusoire, qui fermerait les possibles, vécu par l’artiste sur une valeur négative allant du léger désagrément à la souffrance la plus atroce.

La source artistique est donc une compensation au manque originel et le retour des années soixante aux années quatre-vingt-dix de l’épistémè souligne, chez certains conceptuels, la volonté de se prouver comme vecteurs du « vrai-même » plutôt que des « vrais-différents ».

Le point d’arrivée de la pan détermination (divin fantasme), et du différentiel anecdotique (fantasme diabolique), peut s’appeler naissance qui fonde toutes renaissances : D’une mère parfaite, mais parfaitement ignorée dans sa différence (la vie intra-utérine est un dedans permanent non pensé par le sujet, mais vécu par lui tel inconsciemment), le nouveau-né accède à une nouvelle mère,à la fois anecdotiquement circonstanciée, infinie comme l’univers et, souhaitons le pour l’enfant, la plus aimante possible, et au père qui réalise et fait que ce départ illimité soit quelque chose plutôt qu’autre chose, et notamment traditionnellement, en termes légaux.

En sexualité, toute structure, même censée être archétypale, est circonstanciée. A part l’instinct de survie animal, il n’y a aucune exclusive, quand bien même elle serait structurée par Oedipe, mais une nouvelle mère immense et limitée par cet immédiat qui est là à la naissance (et que certains beatniks ont appelé mother nature).

Les postures artistiques non réalistes produisent elles aussi des réels, les œuvres, qui soignent de l’intolérable. L’accession au savoir de soi autre que le rôle joué dans le théâtre qui a succédé à la naissance n’est possible que dans la mesure d’un minimum de satisfaction narcissique ; l’auto centrage excessif de la paranoïa et la fuite déterritorialisante de la schizophrénie sont évitées par les normopathes par identification avec l’anecdote culturelle de leur temps : peu leur chaut la création, leur modus vivendi est adaptation névrotique. Non seulement ils acceptent Œdipe (terme auquel nous voudrions substituer jalousie), mais ils le magnifient dans l’art de la guerre.

Par le muet, nous attendons un retour à la chair, par le disert, que cette chair se dise. Ce dire, les faisceaux et les différences le forment et l’incarne en l’œuvre.


La mort vivante et le grain de sable


S’installent alors deux pôles qui, bien que purement psychologiques, sont déterminants quand il s’agit d’art.
La mort vivante est la sclérose sur le canon, l’avéré, le connu et la structure qui formate.
Pour les conservateurs, une part de nous tous en croque, l’urgence est de refuser le doute qui s’insinue dans les rouages de la machine à non penser ; pour cette part de nous, le temps est injure et la mort biologique l’ennemi.
Le grain de sable dans les rouages de la machine, une part de nous tous en croque, est l’entrée de la vie, l’irruption du temps et de ses injures, du circonstancié et de l’impur dans ce stand-by illusoire.
Les conservateurs de musées contemporains travaillent avec des entrants vivants à fossiliser l’art si et seulement si toutes les occurrences, qu’ils postulent ou dont ils se font l’écho parce que leurs choix sont tels, sont universelles.

Nous postulons au contraire la contemporanéité ignorée d’un tout en mouvement dont les tenants et aboutissants sont originés dans chaque individu.

Il n’y a pas, fut elle « historique », d’histoire avec un grand H, pas de lettre de noblesse ou de valorisation in situ à attendre, autre que relative à un panel humain limité par la fonction désirante qui est sienne et dont il est le premier bénéficiaire.

Ce n’est pas l’histoire de l’art qui transcende, mais chaque individu qui vit sa propre dialectique narcissique avec le beau, le neutre et le laid.
L’histoire, les grands H des histoires sont une résultante ou une moyenne.


Regardant une assiette de spaghettis


Quatre réels (épuisables ?), sont exactement descriptibles par la science :

_La masse des atomes de la porcelaine, ses propriétés,

_La forme géométrique de ce matériau (en forme d’assiette),

_L’émail qui la recouvre,

_Les composants chimiques de ce qu’elle contient (nourriture).

Sans le mot qui les agglomère (par exemple : une assiette de spaghettis, ou cette assiette-là de spaghettis), il n’y a aucune raison de les penser cohérents sur un plan scientifique : ces quatre réels mathématisables n’ont alors plus rien à voir entre eux.
La réflexivité accrue par la conscience crée des objets logiques non ontologiques au sens universel objectal du terme, mais dont la prégnance est parfois supérieure aux lois neutres qui régentent l’univers.

L’œuvre d’art en est l’essence. Elle dit l’humain.

Pour un normopathe utilitariste naturaliste fondamentaliste, l’œuvre d’art qu’on envisage est maladie ou diable
Ceux-ci sont nombreux.

En tant que présentation de ce qu’elles incarnent, l’écart est grand entre les objets naturels et les objets utilitaires d’une part, les œuvres d’art d’autre part.
Le but des premières est la fonction transparente à son objet (nature naturante) alors que le but des secondes est la prise de conscience. Il faut cependant préciser que l’art est avant tout prise de conscience poétique bien avant d’être œuvre et que cette conscience peut se mirer elle-même dans toutes occurrences ; cependant, l’œuvre est l’incarnat de ce qu’était le sujet artiste au moment de la création.

Nous devons faire la part des choses entre l’art d’une part, sa pratique artisanale d’autre part. Celle-ci renforce l’art, en est le vecteur, mais non la nécessité.
Cette nécessité, on la trouve dans le sens du noyau « psychotique » de chacun. A partir de la naissance, d’asémantique, la conscience va tendre à s’universaliser in fine, en décompensant et en recompensant.

La raison pour laquelle les décompensations partielles et contrôlées, qui laissent le sujet viable, sont nécessaires est la superposition d’un donné de l’univers préexistant à la naissance, avec une sémantisation culturelle et affective plus ou moins inadéquate à un karma vécu individuellement ou collectivement voire, dans le fantasme, par le genre.

Le nazisme est une psychose collective avant d’être criminel.

Chaque conscience s’épiphanise différemment : Si l’épiphanie est, dans l’objectal, la coïncidence entre le refoulé ou le forclos et un objet de désir les faisant muter, il n’y a pas de chef- d’œuvre au sens littéral du terme, mais le but de la route semble être la conscience par l’intelligence et la maîtrise des conséquences du changement ou de la résistance à celui-ci.

Coupé du factuel et si je consens à moi-même, j’ai accès à l’autre sans la morale, mais dans l’éthique, à l’expérience de ce qui n’est pas moi mais qui, ainsi, le devient comme un possible idéel. La folie est l’impossible, l’ingérable par le nombre, mais oh combien nécessaire ouverture à ce nouveau qui troue les murs de signifiance, qui troue le compensant inadéquat.

Ceci qui devient moi compense un manque à vivre et à aimer et ma Weltanschauung en devenir regarde ce qui reste à incorporer avec un désir patient et affamé à la fois, car le temps passe.
L’absolue relativité sémantique et affective qui grève chaque volonté de puissance en œuvre dans le « je tends vers le chef-d’œuvre qui mettrait fin à la plainte » trouve, dans le voyage d’Ulysse, des rivages accueillants et stables, bien que temporaires.
L’entrée des infinis altère cette stabilité et fait voler en éclat le mimétisme réaliste qui n’est que réaction de rejet au supplémentaire.

S’il n’y a pas que la beauté, il y a aussi la laideur. Nous l’avons dit, mais ici le précisons, l’oxymore est le frontal, le seuil de décompensation toujours si j’en joue le jeu vers un mieux, c'est-à-dire vers la remise en question de la fermeture des bans.

Mais que ne doit-on pas quitter ? Faire retour à la foi du charbonnier ne serait plus affaire d’abusés et d’illusionnistes quand Narcisse devient Caméléon, en puissance.


A puissance/a(s) puissances = Art/artisanats


La question est soit calibrée, soit libérée par la questure.
Chacun se doit d’être son propre\sale serviteur…


Regardant une peinture de Daniel Spoerri


(. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . )


« Inch Allah » se dit aisément de soi-même à soi même parce que, quelle que soit l’anecdote de la première vie postutérine, la conscience que l’on a du nouvel utérus qu’est le monde est illimitée potentiellement, mais limitée factuellement par l’anecdote que l’on est, par identification narcissique au biotope et l’interaction que l’on développe avec lui.

La compossibilité d’un nouveau système, d’une nouvelle Weltanschauung avec les prémisses systémiques préexistantes se découvrent « post mortem » parce que la Weltanschauung précédente est morte soit crucifiée, soit de sa belle mort,soi dans son lit…ou encore en se chiant…
A tous les âges de la vie, les personnages fictionnels, les systèmes philosophiques, les religions par leurs gnoses… nous composent et ce divers pourrait faire éclater chaque monade dont le Narcisse se soumet à la question de son propre sujet et de sa viabilité.

Partant de mon « assiette » et de cette anabase, mon stable est instable, mon instable stable, mon instable instable, mon stable stable indifféremment si j’en jouis et si je m’accepte, débarrassé de la culpabilité générée par l’invention du péché en pensée.


Regardant une preuve


Ce qui se reconnaît là, créé par soi, est un autre soi-même.
Qu’est-ce que cet autre, même qui me fait mutant ?
La part de continuité qui se restaure anecdotiquement par cette forme et ces circonstances, et, fondamentalement, pour survivre à la blessure narcissique possible, est de la figure reconnue au rythme qui pulse, la mère idéale reconnue, retrouvée et inventée, sécure et enveloppante.
Ce qui fait saillie trouve en moi, seul, l’annonce d’un acte à poser que le désir expulse temporairement de ce continuum, jusqu’à l’assouvissement.
La mise en scène conforte l’acquis, ou différencie différemment des sens originés différemment, d’où vient, pensé, le jugement de goût, surtout dans ce même libellé.

Ce qui se joue en Narcisse, ne s’y joue que théoriquement le genre, chaque un n’a pas les mêmes désirs de continuité ou d’altération.

Le fragile d’une entente cordiale est préservé, dans le désir de tout dire ou de tout cacher, par le circonstancié de chacun dont la résultante ou la moyenne freine les ardeurs révolutionnaires en atténuant et viabilisant, dans le meilleur des cas, leurs excès égocentriques.

Fait retour au neutre, le provoquant, ce neutre objectal circonstancié qui n’est pas moi.

Sur le plan logomachique, le symbole sera l’accord avec elle-même de la proposition intérieure ou extérieure à moi… dont je fais toujours partie.

Comment la névrose et la psychose comme réalités structurelles avant d’être pathologiques, s’arrangent-elles en moi sur un plan esthétique ?
La première vertu d’une œuvre, son réalisme n’est pas la vision ou la restitution d’un réel, mais le fait même d’être un réel, car la positivité d’un réel est de porter à conséquences et c’est le cas d’un mensonge, d’un fantasme comme d’une illusion.

Le passage à l’acte en pensée est soin ou foin des dommages moraux engendrés par l’écart potentiel à toutes normes, le possiblement beau prenant place dans l’avéré, le de tout temps dont je sois sûr… jusqu’à quand ?

La névrose préserve et rafistole quand la déterritorialisation psychotique est toujours neuve.

Le jeu esthétique est pratiquement gratuit et inoffensif, mais souvent symboliquement dramatique : Toute guerre esthétique est narcissique et le danger, j’y consens sans col- latéralisation du drame.
L’oxymore créole vient à point nommé, mondialisation culturelle et métissages de ce jouir dont nul ne pourra bientôt plus se rendre maître.

Mon anecdote à moi ne me supportant ni esclave, ni maître de personne…ou si peu de…Un pur esprit ? Difficile à croire dans le miroir…Encore une fois c’camé d’léon toucouleur…Sa fuite, sa ruse sont mes souvenirs de petit garçon, un de mes doudous transitoires…


Les dedans et les dehors


Vaste histoire pour un étriqué, la certitude est le gradient gardien de l’homogène, du policé et de l’hermétique aux sirènes des possibles d’un minimum\maximum de jouissance.

Le capital et sa schizophrénie dose, lui aussi, faisceaux et anarchies.

L’expurgation du doute, fait d’un dedans vide de contradiction et de projet fédérateur, la jouissance des masturbés.

Le commun, au sens politique du terme, est alors une valeur publicitaire qui ne recouvre aucune réalité d’ensemble autre que celle de la récupération, par la moyenne et la résultante ; par l’après-coup.

Le dedans, au sens politique du terme, est alors la réussite des seuls égoïsmes qui réussissent.
Le dehors ne mérite que d’être exterminé.

Si l’éthique est empathique, le vouloir ensemble disparaît par la force résultante des égocentrismes, dans le neutre, pseudo fin des idéologies.

La machine abstraite est alors un dedans non pensé, donc non voulu au sens commun du terme.

La loi est donc toujours pensée comme liberticide et sa schize générée comme un désir ardent.
D’où vient que la délinquance est le pilier de ce système avec son corollaire, la répression.
Si l’entrée du symbolique est chair en train de se dire, le délire anarchisant esthétique ou son contrepoison mettent-t-ils en scène ce qui décompense et récompense un donné que le temps qualifiera d’obsolète ?
Le nez dans le guidon dans la vie ordinaire, l’œuvre d’art faisant saillie dans le continuum serait gage de le penser.

L’hypertrophie de la critique d’art est symptomatique d’une difficulté à créer du relatif dans un occident qui ne connaît que la preuve scientifique et l’universel comme critère de probation, le marché de l’art étant ce qui tend à prouver en vénalisant.
Les médias, leurs spécificités ne mettant en scène que l’avéré jouissif, cet Eden Park prendra bientôt le produit réel en haine.

Rapporté à sa doxa théologique, l’occident est constant déni de réel, ou endosse des oripeaux publicistes.
Le christ est un cow-boy sanguinaire voleur de pur-sang de la terre qui s’étonne d’en recevoir une en retour.
Les dedans raciaux ou nationalistes ont toujours leur « Gott mit uns ».

Voyons ma Weltanschauung, ma névrose me débecte…vivement ma prochaine décompensation, à laquelle succédera symboliquement une création. La question vivante se fout des gnoses.

Narcisse réalisé, l’espace d’un instant, la petite mort nous en déporte, mort temporaire pour travailler à la réalisation d’un autre désir. Si ce n’est dans l’amour que l’on souhaiterait synonyme de principe de réalité.

Le chef-d’œuvre peut alors être une ou it ou es et ne répondre qu’en écho à ma jouissance ?

Mais ceci est une histoire infiniment plus importante, et à quoi tout ce texte se subsume.
C’est parce qu’il y aura toujours blessure narcissique que nous allons volontairement vers le futur.
L’objet, le vrai de l’objet est la relation verbale qui cherche son épreuve de réalité.
En miroir, l’Autre qu’on rencontre vit le même émoi.
Sans lui ou elle, aucun désir n’est possible. Narcisse est, par l’autre, désir du souverain bien, du souverain juste, du souverain bon, et de notre souverain agrément.


Le « nous » classique, les « rois du monde » et la noo


« The man that news the answer, he cannot play the game, but the man who’s searching the answer, he play the search as the answer.” Desire may not be a problem as we will find the truth together by searching it.”

M’a toujours étonné (nous étions dans les années soixante-dix), l’obligation qui nous était faite de disserter dans et par le Logos jusque pour commenter Rimbaud, commentaires que nous étions censés produire sans égoter, sans je, sans jeu, sans play mais avec le game logique et quasiment immuable qu’un didacticien nous jurait salvateur.
Nous sommes tous, cela était certain, cuistres de ne pas employer ce neutre, pensions-nous en obéissant.
Ce « nous », nous n’avions pas le crâne de le supposer possible, était aussi royal que démocrate !
Nous en discutions pourtant entre « je » que je ne peux pas mettre au pluriel sans risquer de castrer mes camarades de jeux d’alors.

Le sujet de la noo étant l’univers, et l’acception orthodoxe du théorème de causalité justifiant la poussière grain à grain dans une éventuelle égotation, nous a lourdement pénalisés quand les psychotropes rééquilibraient en le poème castré par Apollon, ce que Dionysos exigeait de nous.
La responsabilisation pour une pure et simple itération luttait contre les réitérations qui font tant souffrir nos maîtres, mais que ceux-ci exigent, comme les exciseuses et les flics.

Passé le cap des années quatre-vingt-dix, « les travaux pratiques d’art plastique » sont devenus « sémantique structurale » ou « sémiologie de l’image » …et le marché de l’art est devenu anglo-saxon.
Le you-you y est pour beaucoup !

La régression, son point ultime (comme on parlera de retour du bâton) me fait maintenant regretter (nul n’est prophète en son pays) ne pas avoir pratiqué le grec ancien, ne serait-ce que pour essayer de comprendre les raisons de la mort de cette langue de l’intérieur.

Né blanc au Sénégal, Dia wolof comme dieu tutélaire et protecteur, Lalangue n’est pas bifide, mais devrait être babylonienne, idiomatique osais-je penser.
Passée au tamis conformateur de l’orthodoxie, elle se fait échangeable.

J’aime maintenant me penser ce luxe d’être partie prenante de la Noo, technique dont, selon Spinoza, le sage se sert pour faire partie de la nature (ou de l’artifice, comme on voudra) qui est Dieu.

La question de savoir si celui-ci est ou non circonstancié (et donc persona) est court-circuitée par la prise de conscience de la non schize être-étant comme état permanent non juif (pour Spinoza qui l’était).
Le caractère intrasystémique d’une pensée dans un langage donné, à l’exception du langage mathématique absolu, c'est-à-dire ayant développé tout son potentiel, fait de celui-ci son nouveau verbe au détriment de l’étant.

La refonte en donné et\ou trouvé de l’univers assigne alors à la conscience, non de créer, mais de dé-scripter, ce qui, dès lors assigne à l’art le statut de delirium tremens de mort vivant.

La postmodernité nage dans le vomi ’’resucé’’.

Si par hasard et par contre, comprenant Spinoza comme nous le comprenons, cette partie du monde qu’est chaque un est ontologiquement différente, le problème de l’avènement, par soi, de Dieu se pose dans d’autres termes et la loi à promouvoir est l’amour.

Le retour, alors, à la case « animal humain », fera du bon sens la relecture vivifiante des tables de la Loi, dont la prévention des sept péchés capitaux, puis de la déclaration universelle des droits de l’humain, comme un hommage possible à la position théorique de Clément Rosset.
Comment, alors, se passer de notre intérêt pour le bon, le bien, le juste… et l’agréable qui requiert alors l’agrément du plus grand nombre ?
(Sophiste ?)

Faisant nombre seul par mon itération, l’agrément que je m’apporte, base de tout échange sémantique porteur d’enjeu, corrobore le même autre différent, faisant ainsi société non plus par delà le bien et le mal, mais sainement, c'est-à-dire sémantiquement, c’est dire, encore, moralement et éthiquement dans un jeu non plus vide, neutre, mais porteur d’enjeux.

Mon bien-être n’insulte alors plus celui de l’autre, mais l’amour du sien fait le mien, entre adultes consentants et conscients, par adhésion à la limitation de l’excès pulsionnel.

Le corollaire de cette limite est, à l’intérieur d’icelle, la pleine puissance.

De Léo Ferré : « Le vers libre, c’est du bidon ; poète, prends ton vers et fout lui une trempe. »

La pleine puissance a ceci de non spinoziste qu’elle ne tolère, en moi, aucun faux cul, ne crache pas par dépit sur l’amour et se collette avec sa démiurgie dans le courant temporel qui l’emporte et dans lequel elle s’incarne.

Que chacun se saisisse de sa vie pleine et entière que nul média ne peut fantasmer, mais que chacun peut désirer. Nos fondamentaux étant fascisme et anarchie, ce bipolaire verra, lors de sa prise en compte, la fin souhaitée des idéologies comme des systèmes bancals ou parcellaires dans lesquels les penseurs croient voir le monde enfermé et qui sont surtout clos sur un avènement passé vécu dans un présent ou ils se déclarent eux même irresponsables et désengagés, crachant sur le créé en train de se vivre.

La compossibilité n’est pas seulement affaire de fragments du Logos entre eux (ou en serait d’ailleurs l’éclatement ?), mais de toutes les différences, saisies actuellement hors de portée d’une quelconque mathématique, quand bien même elle serait statistique puisqu’un sens naturel, ou conjecturé tel, dépend de la question posée, qui limite son corpus dés qu’elle l’envisage…Compossibilité dont, encore une fois, les œuvres d’art semblent porteuses au moins sur un plan symbolique creux attendant, par leurs charmes, d’incarner d’autres différences,comme une chaîne sans fin nous préservant du machinique.

S’en délivrer, c’est en voir l’idée : ŒUVRE D’ART.
Et c’est bien en citer le tout in extenso, mais c’est bien tout.
Se pourlécher de ce mot, c’est s’aveugler.
Voyez-les, entendez-les, sentez-les, touchez-les et soyez vivants !


La béance


La Nichtung a eu lieu : Heidegger n’en est pas mort, il est mort d’une glissade qui a fait un grand schlurp minuscule.
Chez ces gens au moi hypertrophié dont je fais comme tout un chacun par moment partie, la conscience du fait que chacun est une bibliothèque devient la certitude d’être LA bibliothèque.
La béance soumet pourtant à la question n’importe quel plouc, car ce qui advient de la perte d’un monde ou du pourquoi quelque chose plutôt que rien, par delà le fait que ce quelque chose soit ceci plutôt qu’autre chose, produit.

Ce produit est classiquement l’idée plutôt que l’idéat, celui qui la produit n’étant rien d’autre que son contraire, ou plutôt le contraire de ce postulat, et c’est le drame de l’idéalisme.

L’affect (pulsion de vie ou de mort) s’étaye théoriquement depuis la nuit aube grecque par le fantasme du tout sémantique et le corps n’est plus que celui du délit et de ses circonstances quand il n’est pas vécu comme prison dont il faut s’extraire comme le Dalai Lama, prétend-il, s’est extrait depuis longtemps des querelles syndicales qui agitent l’usine ou sont fabriquées ses lunettes de vue.

Que quelque chose soit plutôt que rien et soit ceci plutôt qu’autre chose ne m’est pas seulement indifférent, bien que cela soit un préalable, cela me fait jouir et souffrir réellement.

La béance donc, pour un humain, est le dieu trouvé, l’aporie que la croyance bouche… L’aporie ou la maladie mentale…Ce qui les différencie étant la souffrance éprouvée par le sujet.

Sur un plan symbolique qu’on dira freudien, les archétypes féminin et masculin copulent.
La copule n’est de trop qu’elle ne bouche le futur en train de se faire sens, dans le présent.

L’érection est donc un acte de foi, un projet.

Interrogeant (la langue natale est en ceci délicieuse que les langages, Lalangue comprise, lui servent de repoussoir dans toute praxis, c'est-à-dire dans Leslangues) la sémantisation jouissive ou morbide et leur savant dosage dans la langue française, nous tombons sur l’aporie du neutre qui, certes, sous-tend la logique de ce sabir, mais n’assigne que positions désirantes.

Nous en concluons que l’être suprême révolutionnaire est bien mother nature.

Par delà ces conjectures, le glossaire pictural aborigène,qui pour un cartésien, est aberrant, nous apprend que les absolus ne sont ni concrets, ni terrestres, ni humains, pour la bonne et simple raison que le noir matière et le blanc lumière n’existent que comme vues de l’esprit.
Nous disons bien n’existent pas car si dieu est logos et n’est pas seulement neutre, il crée par la béance envisagée et par nos limites réelles.
Il est l’étantité et l’être indissociablement.
La fonction utopique révolutionnaire n’est donc certes pas seulement française, mais en tient.
L’histoire des deux langues grecque et latine, auxquelles il faut ajouter l’hébreu encore vivant, est l’histoire de la fin du désir dans leurs libellés, le désir étant barbare et métèque.

Cette mort, nous la nommerons homothétie, leur achèvement par un monde clos.

La neutralisation du créé, non par le logos, mais par un de ses avatars qui triompherait (l’idéalisme ou le matérialisme), est fermeture des possibles.

Si, par exemple, la « réalité » « ensemble »,au sens mathématique du terme, est l’idéat de l’idée mot signifiant « ensemble », on dira que l’intrasystémie est le propre de toute monade sans fonction pouvant relier entre eux des ensembles qui ne soient pas des ensembles trouvés.
Le tout « cet être humain là » est un ensemble supérieur à la somme de ses parties qui reste à effectuer si et seulement si sa noo est saisie, comme un clavier bien tempéré, du théorème et de ses différentes versions, non dans un rapport de cause à effet, mais dans un rapport dialectal permanent qui seul, est synonyme de vie en conscience et en actes.
En termes clairs, la fission être-étant est apocalyptique avant termes pour ces deux avatars du logos, le matérialisme et l’idéalisme.
La solution est fantasmatiquement l’être dieu qui grossit l’ambition humaine et prouve l’axiome causal en pleine et entière conscience par lui même de l’univers.
L’être dieu, c’est l’humain lui-même.


Le contexte


Cet « ensemble humain un » n’est vrai qu’en situation de.
A trois, c’est déjà cauchemardesque, sauf si l’enfant est un.
Si deux est un, nous sommes trois et l’enfant est l’uni de ce déjà pluriel.
Le tas de sable, ses grains, la mère et le maître nageur.
Se mirent en cette œuvre l’enfant, les copains et peut-être même les sirènes qui s’échouent sans témoin.
Mon Oedipe est la cause absente d’une fusion qui éclate.
La weltanschauung acquise n’étant plus viable et la cause de cette explosion étant à la fois pléthoriquement insaisissable dans toute son étendue, une recompensation est requise sans laquelle la survie même serait compromise.
Mort psychique temporaire (les secondes durent des siècles), et accouchement de soi-même par soi-même qui dure, le forclos s’illimitant soudain par la perte, à vingt-deux ans d’un être cher ; depuis plus de vingt-sept ans, je sémantise et rend viable, à mes yeux et à mon esprit, un monde à nouveau viable, par ce réel.

Le seul moyen d’éviter l’homothétie, donc la mort, et de mettre dans le même temps des perruques aux vieilles pouffiasses éthéromanes est les langues des différences ontologiques que sont les idiomes humains artistiques. Il n’y a rien, en deçà, dans l’humain si ce n’est la bête, des résultantes, au-delà, qu’on espère respectueuses de cette ontologie.

La psychanalyse, [bien que malheureusement comparable à un clergé, est, par l’association symbolique libre (louchez sur le comique de situation) respectueuse du cadre protocolaire ou le grand jouisseur devant l’éternel attend d’apprendre un nouveau langage humain en y gagnant même de l’argent, dans lequel elle a lieu donc, et bien que parfois bêtement dogmatiquement], en est une source.

Pourtant, bien des équilibres, par les techniques professionnelles diverses et variées, assurent la stabilité et l’incarnation de ces productions hybrides (esprit et corps), dont l’eucharistie saurait être partout à condition de la conscience.

Comme nous n’avons pas don d’ubiquité, nous l’incarnons et c’est ce que fait actuellement votre serviteur.

Tentant de (mais quel mot employer à propos de cette bête ?) penser le lièvre soulevé par Umberto Ecco dans sa tentative de lister in extenso toutes les dénotations et les connotations d’une nouvelle pour mettre fin à la querelle du « Livre infini », nous dirons qu’il aurait mieux fait de publier cette nouvelle sans en changer un iota et que cela n’aurait rien changé, pas plus que le « what you see is what you see » de Stella.

La vie humaine est un perpétuel échange entre une foule de solitudes ontologiquement différentes parce que différemment circonstanciée dans l’ontique de chaque un.

Comment ne pas comprendre que le mot « arbre » est su différemment par un inuit qui n’en a jamais vu et un ivoirien pour qui c’est le grand ordinaire ?
A fortiori par cet inuit-ci ou cet ivoirien-là !

Les mathématiques, elles, sont a\sémantiques, unidirectionnelles et neutres, donc ne sont que logique causale et arborescente.
Elles n’en ont pas l’exclusivité, sauf à penser un savoir absolu de la poussière même, grain à grain, en toute causalité sue et révélée, mais par qui poserait encore un réel de désir de création : Il faudrait à dessein inverser les pôles créationnistes et ne plus se prosterner devant aucun fatum.

Certes et au sens ou Christophe Colomb a inventé l’Amérique, les mathématiques nous préexistent, mais nous avons interrogé plus haut cette assiette-là de nouilles et nos conclusions sont toujours les bonnes sans que nous sachions vraiment s’il s’agit de la fumeuse liberté du chrétien ou de celle de tous vivants.
Bouddha est là partout puisque nous sommes part de sa matière grise, espérons le, et pas grouillant sur sa merde connotée par La Bruyère comme ressemblant à celle du chien, Bouddha est là donc qui se fout des différences, tout en n’existant que par elles.


Quitter le champs métaphorique



Etaient les longues soirées d’hivers passées seul à seul à épiloguer, pendant que les chiens savants se jouent leur best off the QI, à disserter sur, et éplucher les sous- venir : Venait l’urgence, dans le même temps, de la jeunesse métonymique sur qui tout géniteur compte pour payer sa retraite, qui nous précipite vers un autre passage…
Les œuvres que nous laissons ne sont que concaténation ; le tabulaire requiert certes une analyse pour préparer le futur, mais il est aussi tentation pour les vieux surpuissants d’imposer un seul futur… Les garde-fous métaphoriques pour une seule et unique métonymie, alors que l’animalité, en nous, est pur réactif aux multiples et même théoriquement infinies occurrences possibles.
Pour autant, l’après-coup est toujours l’unique s’il est vécu dans sa vérité, alors que le sème unique nous castre et nous mortifie.

L’épiphanie donc, de religieuse, doit devenir l’habitude qu’aurait l’ordinaire, de se créer.

Le donné et\ou le trouvé, soulignent l’importance de l’in situ comme la cour du roi soleil ou seules sont habilitées à vivre les différences autorisées et \ou valorisées par tel ou tel faisceau.

L’in situ est toujours la métaphore d’une église !

Dans une église fantasmée, je fais mon sermon.


Etayage psychologique du même et de l’autre.


De zéro à l’infini, les mêmes et l’autre se demandent s’ils font nombre !
Ils sont tous autres que le rôle que leurs assigne la définition mathématico logique en vigueur qui les donne comme invariants.
L’intrasystémie de Lalangue natale a déjà vu d’autres aberrations, comme la fameuse scission entre être et étant.
Le même de TOUS, entendu de toutes les consciences ayant vécu, ayant à vivre maintenant et dans un futur pensant l’apocalypse est le TOUT dont il est impossible de faire la somme événementielle.
L’ouvert du créé est d’abord, dans la conscience d’un vivant, la présence phénoménale d’un soi au monde, ou règne l’indiscernabilité entre sujet d’une part, objet de l’autre.
Le créé qu’est la prise de conscience d’un tel phénomène entraîne la fission de l’événement phénoménal en sujet d’une part, objet d’autre part, telle que deux savoirs sont possibles :
L’Epistémè comme même objectal, la Poésie comme incarnat en l’œuvre d’un pathos dont le même est paradoxal : La lettre de l’œuvre, son vecteur, est même subjectif, alors qu’il est aussi dans le même temps, incarnat objectif de la Différence ontologique.
L’AMOUR et le DESIR de sortir du SOI pointent la nécessaire altérité à soi-même qui, par la prise en compte réitérée du fait de naissance, humanise et différencie en réalisant, toute la vie, la naissance à soi-même et aux autres.
Dire une œuvre, ou même l’écrire « en toute objectivité », met à jour les conventions dont celle-ci est constituée, mais nécessite dans le même temps une création sémantique inédite, c'est-à-dire ou à écrire « en toute subjectivité ».
La science sera ce qui dit le Tout, jusqu’à avoir réellement tout dit, la poésie sera l’outil qui incarne les besoins et les désirs, c'est-à-dire ce qui ne fait pas encore partie du Tout.
Pour cette dernière, le fatum est à l’histoire ce que la dépression est à la psychologie : La pulsion de mort.
La pulsion de vie est pointée, chez le philosophe Clément Rosset, dans l’artifice, c'est-à-dire, jusqu’au plus profond du naturel, dans le créé au sens plein du terme, c'est-à-dire encore, dans le fantasme archétypal humain, dans la création ex nihilo.
Comme stratégie d’évitement du fatum, et alors même que l’objectivité de celui-ci échappe au sujet, la psychose crée.
On aura donc, originée dans le fait de naissance à soi-même du nouveau-né, la concurrence de deux faits majeurs :
-1- La solitude ontique du différentiel
-2- Le « faire nombre » par le même, appelé « amour » ou « amitié » dans le meilleur des cas, « haine » dans le pire.
Attendu que chaque faisceau est accord avec une norme quelle qu’elle soit, la Différence demande donc un acte de pensée neuf et non une convenance sur de l’avéré, du déjà-vécu que le sujet assimilerait à la haine de soi ou des autres, ou de l’objectal qu’il subit.
La question est donc du statut du donné, non seulement au sens objectal du terme, mais surtout au sens idéologique qu’on donne à ce terme.
Les délais de latence ordonnent la résistance à un changement que, dans l’absolu, personne ne devrait rejeter sur les bases d’une foi quelconque, parce que pour l’artificialiste que je suis, il n’y a d’adhésion aux faisceaux que dans la grâce de la Différence qui instaure l’humain, et non le naturel, comme apte à satisfaire besoins et désir.
La création, par l’œuvre créée, est le Lieu paradoxal ou une solution est trouvée qui viabilise temporairement, par la jouissance esthétique, notre être au monde.
Elle dit le programme.


Essayer de dire le programme


Il y a deux pulsions pour échapper à la sclérose :
-Le créé
-L’évitement du fatum par la « pathologie ? »
Elles sont nécessaires quand la névrose sédimente le déjà-vécu réitéré dans les artères du vivant.
L’évitement du fatum se donne souvent des moyens illégaux ou anormaux ou amoraux pour parvenir à ses fins, le créé se réduit souvent à la portion congrue.
Le bestial automatique, instinctif, s’installe en l’humain par le refus de la conscience en acte et promeut l’inconscient fascisé et automatique de l’avéré permis et de son tabou, dont la névrose sait faire son beurre en attendant la mort, quitte à en faire un état permanent.
Si le « Grand Autre » attire les « Petits autres », le « Grand Même » attire les « Petits mêmes ».
Les retours sur la morale et l’éthique pointent, chez le maître qui s’hallucine « Grand », la volonté de générer une infinité de petits mêmes esclaves, et travaillant pour sa Différence, différence dont ses esclaves jouiront, il en est persuadé, symboliquement.
Ce schéma n’est vrai que pour autant qu’il dise la structure d’identification et de certification des chefs-d’œuvre comme Vrais…(ou d’identification du désiré formel, ou de l’eucharistie…) Bref, il dit la Machine Abstraite décrite par Gilles Deleuze et Félix Guattari.

La réalité lui échappe qui permet aux solitudes de se savoir telles, en acte.
La fragilité des moles conceptuelles doit faire place à la force des rapports entre les pôles pour solutionner le problème de l’idolâtrie découlant de la séparation sujets\objets.
Le réquisit est alors le retour à l’humain et à la Différence ontologique qui cherche à faire nombre pour l’amour et l’amitié.
Par ce faire nombre, nous entendons la fin d’une souffrance comme d’une joie, celles de se savoir ontiquement seuls.
Ce faire nombre animal en l’homme ne gage rien de la souffrance ou de la jouissance, mais dit les phénomènes de subsumation, y compris à l’image narcissique qui se sclérose.

Réunifier Dieu et Diable quand on a pu entendre parler de « liberté du chrétien », c’est dire l’enjeu de la Solitude face au hasard et à la nécessité, mais ce n’est en rien identifier ces deux termes. C’est aussi parler de l’univers.

Chaque époque valorisant animalement ses propres produits, quitte a halluciner le passé comme le futur étant tels, c’est l’ironie que nous vivons : Le faire nombre aveugle sur ce que la Machine Abstraite ne valorise pas, ou sur l’inversion de ses valeurs, sur ce sur quoi les maîtres n’ont pas jeté leur dévolu. L’académie peut se targuer, comme le marché, l’une de son passé révolutionnaire, l’autre de son actualité révolutionnaire, ces deux réels ne servent qu’à leurs propres visées et pour le petit bourgeois que je deviens, manquent de savoir-vivre.

Ce que ces deux instances (on peut imaginer un dieu hasard attendant la fin de la pièce jouée sans aucune répétition par le vivant) est le cadet des soucis de la nature, tel est son programme mathématiquement logique.
L’événement, c’est l’homme ou plutôt la conscience et le dépassement par celle-ci du fatum, le progrès.
Que ce progrès fasse partie de l’évolution biologique en rassurera plus d’un qui pensent que la conjonction du hasard et de la nécessité est foncièrement bonne, elle n’est pourtant, à mon humble avis, que neutre, et pas seulement esthétiquement.
Neutre sans l’amour du prochain…ou sa détestation.
L’amour propre (sale ?)…mais que ne suis-je moi-même en accord si possible durable avec un de mes tableaux !


L’étron de monsieur Jourdain


Comme le dit, après Kant et même pire, la philosophe et philologue Fabienne Brugère dans un passionnant exemplaire de Noésis tombé par hasard entre mes mains, l’artiste est un être d’exception parce que l’Art, métaphysique devenu, est la mort de l’exception, ou son dépassement, comme on voudra.
Monsieur Jourdain n’est pas d’accord : ce sont bien ses hémorroïdes, et pas celles de Madame Pompidou qui lui déchirent le derrière.

La critique a remplacé la pratique au sein des beaux-arts à partir de Duchamp et de la création de la notion d’opium du peuple.
L’occident vieillissant prend ses distances vis-à-vis de la vie.
La Joconde est un tableau important, lui coller une moustache est important, écrire un petit texte accompagné d’un croquis est important, LHOOQ est important, appeler ce jeu une œuvre d’art est important.
Picasso ne travaillait pas d’après la Nature, mais devant la nature, avec elle.
En tant que Stars, les critiques récupèrent la nourriture universelle et ce n’est pas le dernier des paradoxes que le discours soit plus important que son objet, c'est-à-dire que ce que nous avons tenté de décrire, d’interpréter ne soit plus qu’un motif pour intellectuels.
Nous assistons au déploiement actuel du discours punk néo-libéral avancé et cynique, du patron qui signe le travail de ses ouvriers sans avoir dépensé une goutte de sueur.
Il ne s’agit même pas de se demander si les amateurs de basket-ball respectent les performances d’un coureur de fond, ou si les gros qui refusent de manger du pain causent un manque à gagner au boulanger, il s’agit de pointer que la pensée de la pensée de la pensée de la pensée… (Ad libitum, on dit à donf, je crois), serait l’art.
Pendant ce temps là, les prolétaires, que ces révolutionnaires prétendent protéger de la jalousie, travaillent à bâtir les datchas médiatiques de cette commode surenchère.
Ces prolétaires sont confrontés au jugement de goût des spécialistes, alors que cette clique ne l’est jamais, puisque le beau n’est, pour eux plus une question d’actualité, remplacé qu’il est par le vrai.
Il est vrai que les chinois travaillent et que ces prolétaires se retrouvent en masse libérés de l’obligation qui leur était faite de travailler.
C’est l’âge de la retraite de l’occident.
Ils parlent même de bébés humains sans en faire eux-mêmes. Les immigrés de la première, deuxième, troisième et quatrième génération sont commis pour ce genre de basses œuvres. Et pour cause, ils sont incultes !
La dimension comique, grotesque du sexe (sic) sera le Prima cynique du penseur de la pensée de la pensée de la pensée de la pensée…à donf.
Or, je pense que Duchamp a commis son œuvre parce que la peinture était trop difficile pour lui.
L’accès de rire aux larmes est, dans la continuité de la cohésion sémantique, un accès au vide, à l’angoisse que suscite l’idée que l’échafaud peut s’écrouler.
Cette entrée dans le cœur du tragique ( cf. : La philosophie tragique,le rire tragique de Clément Rosset), s’accompagne d’une absence totale de philosophie positive, de construction ailleurs que dans un phantasme quasi édénique d’omnipotence magique, de complétude parfaite, d’où toutes souffrances seraient bannies.
Or, ces penseurs vivent comme tout le monde en petits bourgeois qui n’aiment pas les enfants.
Si, d’aventure, on osait penser, dans ces milieux, que risquer de subir ou de bénéficier d’un jugement de goût « prolétaire », à moins de le singer comme de parfaits snobs était s’exposer à de grandes joies ou de grandes peines… Mais de la vie, ils sont retraités.
« Passer à côté de sa vie » fait aussi partie de la vie, cela est dû à la positivité de toutes occurrences et au néant sur quoi est fondé, au moment de la mort annoncée de Dieu, l’Univers.
Vivre est donc devenu dérisoire, non parce que Dieu est vraiment mort, mais parce que toute foi est devenue, à cause de l’annonce de ce décès et la foi dépressive qui l’accompagne, un pensum.
Quoiqu’en pensent les « philosophes », Hegel en tète, ce n’est jamais que la mort du manichéisme que nous saluons, et la généralisation de la relativité morale de la nature, sans la création éthique que l’on doit à l’homme.
La panoplie gnostique méditerranéenne, alors qu’elle est métaphorique au sens archétypal freudien du terme, est devenue obsolète grâce (sic) au miracle cauchemar de la Shoah.
Vivre est donc dérisoire si nous ne décidons pas de construire et non de détruire.
Par ailleurs, il y a « critique d’art » et « critique de vie » et celle-là devient la spécialité de l’occident.
Narcisse est pourtant le fondement de cette réflexion et de ce texte.
Il s’agit de « Narcissisme de vie » et de « Narcissisme de mort », alors que Nature et Culture, dont la césure est, jusqu’à preuve du contraire, scientifiquement fausse, mais philosophiquement intéressante quand on sépare l’homme du reste de l’univers, seront à jamais des miroirs qui entrent nos actes.
Nous l’avons dit plus haut à propos de Picasso, l’homme fait partie de la Nature, tout comme ses civilisations et leurs limites, un bébé comme la Bombe (ou un Bébé comme la bombe ?).

L’œuvre d’art n’est différente d’un autre réel objectal que parce qu’elle est l’incarnat tendant vers le chef-d’œuvre de l’aspiration maximale de l’artiste, cette aspiration n’étant que la beauté de l’artiste, l’accord de la proposition dont il doit, ici et maintenant, faire toujours partie, et devenant, par le jugement de goût, l’incarnat d’au moins une part importante de la beauté de l’amateur pour qui elle devient preuve pour un temps, d’au moins une partie de soi.

L’hypertrophie du Verbe divin et de la métaphysique fait alors la part belle, non à la facture, contentieuse s’il en est, mais au verbe se mirant lui-même, au risque de l’intrasystémie, se mirant lui-même idéel, débarrassé de la matière reléguée au rang d’anecdote ne valant plus pour elle-même, mais en tant qu’idée. Des idées, tout le monde en a, tout simplement.

Ainsi, intrasystémiquement, toutes les anecdotes seraient même, tuant la poésie par l’Exemple.

Or, d’abord et avant tout, la Poésie est un jeu solitaire qui soutient seul sa vérité.
Evincées de la Pragma, la Poésie et ses anecdotes voient le paradigme de l’Epistémè fantasmée au régime de l’exception qui n’en est plus une, dans ce mouvement, fasciser l’esthétique en la machinisant, en la rendant ontologiquement compatible avec la fameux et très vieil adage « tout à été dit, tout a été fait. »
S’il est une exception paradigmatique, c’est Marie, mère de Dieu… Je me déclare alors schizophrène, me nommant fort mal, mais me conduisant comme tel, parfois, ma mère passant de ce statut à celui de Marie-Madeleine , ce qui est un manque total de savoir-vivre, également de la part de Joseph.
Les Classiques et je les préfèrent, jalousaient, ils n’Oedippaient pas.
Quand je quitte des yeux la Machine Médiatique, je jalouse, puis j’approuve mon réel, son anecdote, sœur de bientôt sept milliards d’anecdotes…, mais j’oubliais ma zoophilie et même tout mon extrême orient…et bien d’autres richesses que Big Brother se dépense à exterminer parce qu’il est le Dieu de la machine abstraite capitalisto-trustiste.
Les anecdotes résiduelles sont ennemies si et seulement si elles ne sont pas rentables et récupérées par les élites de la critique qui, bien souvent sont, en plus de cela, honnêtes !
La source n’est plus, idéologiquement, l’individu, mais le calcul intégré par la Puissance Argent, carburant de la Machine.
La critique est d’ailleurs, avant d’être positive, une consommation, une prédigestion, et non une élaboration.
Je rappelle quand même, à titre de remise à niveau, que le budget de mon Etat, est au trois quarts assumé par des gens comme moi qui essayent de travailler avant de l’ouvrir et de consommer. Les petits ruisseaux font les grandes rivières, mais sont devenus incapables de se satisfaire par eux-mêmes, et pour cause.
L’idéologie, pour peu qu’elle soit soutenue par cette clique médiatique dont les fondements idéaux sont introuvables ailleurs que dans un conformisme suicidaire, peut dire absolument n’importe quoi puisqu’elle fonctionne en circuit fermé :
Opium du peuple ? Fra Angelico, Picasso, Titien…
Art Bourgeois ? Louise Bourgeois (sic), Vermeer, Matisse, Bram Van Velde…
Avenir du Prolétariat ? Manzoni, Ben, Buren…
Non, sérieusement, son avenir est exclusivement dans les caddies !
Et bien, avec cela, il ne reste plus qu’à idéaliser le reste du vivant !
La Nasa pourrait par exemple, grâce à ses pilules pour cosmonautes, nous débarrasser de nos problèmes gastriques, ce qui aurait pour effet d’atrophier notre système digestif devenu obsolète qui nous fait chier !
Et chier, c’est dur quand on est un homme, un vrai !
La forme d’une œuvre d’art, jusque et y compris la forme poétique littéraire qu’on donne à un trouvé, ou au Trouvé par toutes créations théologiques un tant soit peu rigolotes et raisonnables (c’est-à-dire compossibles avec l’état actuel de la science), n’est pas soluble dans sa fonction dite objective par les milieux autorisés, dans sa logique arborescente.
Au risque de se répéter, il y a, ici et maintenant, une opposition entre le Donné et\ou le Trouvé d’une part, le Créé d’autre part. La Liberté peut même être extra systémique et complètement folle : c’est en tout cas l’option choisie par ceux qu’on appelle les fous, dont j’ai fait partie pendant des années, pour un appel symbolique à la raison qui me rendrait à nouveau viable.
Il n’a servi à rien à Umberto Ecco de prétendre dire, in extenso, je ne l’ai pas lu, en prenant probablement la précaution de dire qu’il avait peut-être omis du résidu, dire donc le vrai d’une nouvelle pour mettre fin au « Livre Infini », connotations et dénotations comprises, cette œuvre, comme toutes les autres œuvres n’existant que lue par des gens réels dont le seul sujet épistémologique est satisfait par ce genre de truisme comme par celui de « l’ontologie de la logique » comme mathématique, probablement non statistique ou alors uniquement comme les statistiques sont un jeu de Puissance et de Pouvoir sur du subalterne à quoi le fatum condamne la race, son nombre.
L’œuvre est, au plan symbolique, une mère miroir pour des narcisses caméléons et sources de leurs propres œuvres, et ce, même en tenant compte de la division du travail. L’œuvre peinte, à mon avis plus que d’autre, est cette ambiguïté : Diagramme de symboles en creux, miroir anecdotique pour toutes psychés et leurs sens, c’est-à-dire leurs vécus puisqu’un inuit ne lit pas le signifiant « arbre » comme un ivoirien.
Les outils que sont la statistique, la moyenne et la résultante ne sont outils, en la matière, qu’à servir la même pâtée aux brebis du Saigneur du troupeau.
Il est risible, de la part de Kandinsky, de vouloir, d’un éclair de génie qui fut le sien à un pensum laborieux, établir un dictionnaire des formes, boite à outils grotesques de petit propriétaire de brevets ineptes dignes de l’almanach Vermot.
Par contre, et toujours à mon humble sens, mettre en demeure un amateur de peinture d’interpréter, comme Barenboïm le fait des Préludes de Chopin, c’est peut-être excès d’exigence et d’humilité pour un auteur certes modeste, mais qui a lui aussi le droit de vivre.
Ce n’est possible que si et seulement si tout discours postulant un vrai scientifique de l’œuvre est vécu, nous l’avons dit dans le premier paragraphe de ce texte, comme un ouvroir vers le Soi de l’amateur.
Pour en finir avec ce paragraphe, prenons Manzoni au mot ! C’est de la merde !
On n’a plus de goût à rien, povre !
Qu’est-ce qu’un biotope dont on parvienne à franchir les limites ?
L’habitude, la discipline, les horaires stricts, même le climat est fascisant, c'est-à-dire nécessaire à l’étayage du moi ainsi viabilisé… La raréfaction des stimuli, par contre, rend complètement crétin !
Ce qu’on ne voit plus, l’œuvre d’art le révèle.
Je me tire vite fait de ce putain d’Eden Park où Sarko nous a annoncé ses fiançailles…


Un peu de psychanalyse…


Un peu de psychanalyse, pour passer ici et maintenant un bon moment.
L’eucharistie : Anthropophagie si, étant en devenant, ce qu’on mange et perlabore, le cœur de ce lion, me donne du courage. Est pathologique au sens moderne du terme quand ça souffre, pathétique quand ça croit, celui qui bouffe Dieu.
Après ce grand festin, nous proposons des tapas symboliques, nos œuvres, miroirs ou nous nous sommes incarnés.
Ce silence en dit long sur toi, puisque nous devenons tous ce que nous voyons, entendons, touchons, lisons, comprenons, sentons, baisons.
Parfois en le disant, mais la plupart du temps en toute logique silencieuse…Les mots trahissent souvent la volonté de ne pas se tromper et les faisceaux, éthiquement, nous soutiennent par leurs maïeutiques, ou nous étouffent diaboliquement, faisant taire en nous la Source.
Le même n’est détestable que parce qu’il n’aura bientôt plus le moindre goût.
Qu’appelons-nous Différences ? Peut-être l’anarchie…
L’individu sûrement… Pas le mot, le réel qui n’est en rien l’idéat subsidiaire de ce terme.
Je ne suis pas là pour être comptabilisé et\ou stocké dans des wagons plombés, sous scellés, avec garantie de l’état ou du capital investi qui en tient lieu.
Posant la question de l’in situ et du nain de jardin, cette question est réglée par le narcissisme de tous, d’une part, par l’idéologie dominante d’autre part, de telle manière que l’esthète soit nihilisé si et seulement si il n’est pas dominant.
Le marché de l’art est à la boite de merde ce que la subvention est aux intérêts de la majorité.
Je suis jusqu’à présent ailleurs, tant pis pour moi.
Entre parenthèses, ce n’est même pas de la merde, c’est un ténia énorme.
Il ne s’agit d’ailleurs pas là d’autre chose que de deux extrêmes, la pseudo scolastique des séries n’est jamais que labels déposés dans la bible de l’art contemporain.
L’almanach-vermisterie est au cynisme des serviteurs de ce dieu infâme ce que moyennes, statistiques et résultantes sont au diable fasciste : des outils de survie.
Maître et esclave, sinon, la typographie, choisissez-la à votre manière.


Concepts sans libellé ?


Y a-t-il des concepts sans libellé ? Y a-t-il des réels que le verbe, au sens juif du terme, n’ait pas informés et qui, par conséquent, ne seraient pas bavards ?
Y a-t-il des réels dont la présentation soit a\sémantique ?
A\sémantiques, les mathématiques le sont, assurément ; c’est nous et par rapport à nous, jusqu’à preuve, je dis bien preuve et non foi, du contraire, qu’elles prennent du sens.
Le mot « sens », en tout cas en français, est pour moi trop polysémique, tout comme le mot jeu et « la » sexe de l’événement.
Les Mandalas tibétains et la « méditation transcendantale » restent des questions : Interrogeant les notions de chaos organisé et d’organisation chaotique, ceux-ci et celle-là font advenir un présent, un ici et maintenant où se rencontrent les deux infinis temporels : Là, nous ne voyons plus au sens symbolique du terme, mais animalement, c'est-à-dire déportés du présent relatif au « sens », alors que cette vision est un des cinq sens.
La part du hasard est celle du Diable, pour la pensée classique occidentale ; le faisceau, la machine abstraite, les mathématiques sont celles de Dieu… Mais, ici comme ailleurs, le Dieu des uns est le Diable des autres.
Le manichéisme, les bipolarités au sens idéel du terme ne sont jamais des transcendances ontiques, mais à nos yeux des résultantes.
Ce que révèlent les cosmogonies et ce que révèlent les focalisations renvoie symboliquement, qui au général, qui au particulier. Cette saisie, par le regard, il importe d’en dire les déterminants.
Au plan symbolique, d’abord, une cosmogonie se double d’une cosmologie ayant, pour le plus grand nombre, vocation à dire tendanciellement au moins, le Tout.
Le cadrage, la focalisation sont, du singulier, c'est-à-dire tendanciellement du Rien, la recherche.
Le statut de ces « détails », censés servir d’Exemple au sein d’une démonstration logique, de ces détails, donc, par rapport à « l’ensemble » qui, dans la proposition focalisante, est le hors champs, s’entend d’abord comme évidence, truisme que nous allons tout de même étudier.
La « Neue Sachlichkeit » peut « mal peindre » une image et la présenter la tète en bas pour qu’on voie la peinture, les mandalas de poussière de pigments à la poussière retournent, libérés par le vent. (Après la pilule de la NASA, pourquoi pas le suicide ?).
Ce retour vers la vraie vie s’opère à la fois vers les mathématiques qui informent VRAIment et les chaînes atomiques, ou même la matière subatomique qui substantifient.
Que veulent calmer ces passages à l’acte que contrent d’autres passages au non-acte, comme de déclarer l’univers, dieu ou dieux ou hasard compris et de le signer, comme le fait Ben ?
Comparer la Laitière de Vermeer à une boite de merde d’artiste, c’est poser la question du différentiel par rapport aux concepts qui veulent s’en rendre maîtres. C’est aussi poser la question de cette anecdote- ci, question à laquelle a déjà répondu Vermeer, et de quelle manière !, c’est donc également poser la question de la chair de l’œuvre par rapport au discours qu’on lui fait tenir, ou qu’elle sous-tend.
La lettre, bien avant et bien après la Présence, est une mainmise sur ce réel : dans le sublime sont simultanément présents narcissisme de vie et narcissisme de mort, comme incandescences de la vie et de la mort.. Ceux-ci nous éclaireront peut-être sur les enjeux du spéculaire et de la fin de partie (ou peut-être son aboutissement qu’est le Nirvana ?).
Enfin, le Dedans et le Dehors nous éclairerons sur la dynamique bipolaire des psychés : Dehors le sens, Dedans la matière, ou l’inverse ; la pure présence semble, pour un occidental, être sur la crête, actuellement tentante.
Pour finir, nous rejoignons les questions liées aux faisceaux auxquels nous nous subsumons, faisceaux notamment culturels, et aux anarchies qui nous libèrent en nous réintègrent dans la passion.
Les quatre grandes familles de Beautés envisagées plus haut ne sont, aucune d’entre elles, fascisme ou anarchisme, elles sont ce que chaque un en fait, en pense, en jouit, en souffre, etc. L’Homme au sens racial du terme, c'est-à-dire comme invariant n’étant resté tel qu’une fraction de seconde de l’année proportionnelle qui nous sépare du Big-Bang.
La « Machine à se figurer les possibles dont la vie libertaire programme le désir, en nous, des possibles », est l’inconscient qui dit le manque, dont le sexe n’est, peut-être, qu’une sous catégorie.
Ce que permettent l’expatriation, la pratique de langues étrangères ou les voyages et les trips d’acide (sic), n’est que la vision quand on se pose, de l’ancestral comme artifice relatif, choix qui n’est plus exclusif d’une décision de changement de programmation, mais est l’ailleurs de soi-même comme sujet philosophe et citoyen des mondes.
Par cette prise de conscience, le forclos est plus à notre portée ; par cette nouvelle naissance, l’immigré (nous le sommes tous dans ce monde, utérus de substitution), pose la question de l’hybride, du mélange, du créole…et du creuset français, par exemple.
Revisitée, ma psychose est alors l’impensé, le non-viable, par ce qui décompense et compense à nouveau, comme on reproche à celui qui ne sait pas la rétention d’information (information obtenue grâce à la torture).
Le moteur est donc ce qu’on attend d’un enfant, sachant ce que nos propres parents ne se sont pas donné la peine, ou n’ont tout simplement pas pu éprouver, ce savoir n’étant pas disponible.
Nécessaire, l’espérance nous préserve pourtant d’un passage à l’acte ici et maintenant.
Cette espérance justifie toujours l’esthétique et les musées deviennent l’auberge espagnole symbolique pour un besoin de complétude vécu là spirituellement.
Le stade du miroir est le point crucial de la naissance de l’objectal que l’enfant hallucine comme encore soi et qui permet l’empathie nécessaire au vivre ensemble aussi bien qu’avec soi-même.
L’amour du Beau est le Narcissisme de vie, l’amour du laid, le narcissisme de mort. Le Neutre n’a, du point de vue esthétique, pas le moindre intérêt.
La joie est au beau, ce que la névrose, la psychose, la maladie et la mort sont au laid, une évidente perversion inverserait ces pôles, ou une faiblesse, dont j’ai souffert quasi congénitalement, qui me faisait ignorer à quel point ces deux pôles étaient miens, comme étaient siens ceux de Baudelaire
Struggle for life.
En la matière, faire la part des choses entre soi et l’objectal sied à la morale de ceux qui se piquent de la seule objectivité, mais cela ne sied pas à l’éthique si celle-ci est la morale des morales.
Les cinq sens ne sont souvent que trop ou pas assez sémantisés, et c’est encore l’affaire de mon bon\sale goût : Mes oeuvres cherchent à leurs redonner ces deux ambitions, c'est-à-dire, parce qu’elles comptent durer dans le regard de qui le désirera vraiment, décorer ou incarner la pensée de leurs spectateurs s’ils veulent y investir quelque chose, comme l’huile « trois en un ».
Un art anormal est normal si la communication, y compris avec soi-même, fait de tous motifs nouveaux même s’ils sont gênants, des occasions formelles de plaisir, faisant par là des avant-gardes une nécessité, non comme produisant du nouveau, mais luttant contre trop de fascisme, de corruption, de conformisme ou d’anarchie.
Le savoir des tenants et aboutissant de ces fragments de dînette pour enfants, dans cette eucharistie, renvoie chacun a ses propres limites, contrairement à la pauvre nouille du « concept » (sic), omnipotente magiquement, et VRAIment totalement impuissante à nourrir une bonne vieille fellation, comme il est devenu difficile de se restaurer au gastos « La cène ».
L’ »angoisse heideggérienne », par exemple, est la poussée par l’inconscient de ce penseur, de la nécessité de néantiser la norme des normes qu’est l’étant non transcendantal, c'est-à-dire chaque étantité non transcendable ailleurs que dans la philologie systémique.
Cette angoisse est en germe dans toute systémie, même celle du chaos (étatique), nous l’avons tous vécu ou ressentie par empathie dans l’Allemagne weimarienne et post weimarienne.
Il n’y a pas d’éternel retour, mais la permanence de bipolarités archétypales et transcendantales. Les moyens de ces deux pôles sont paradoxalement, parce que simultanément présents dans toutes psychés, et même probablement dans tous vivants.
La logique de ce vivant semble être la prédestination, par cet archétypal, vers de l’ouvert, libéré de cette archétypale prédestination, par la conscience.
Un concept sans libellé ne saurait être possible sans la réunification du conscient et de l’inconscient.
Vient, in fine, Platon et son mythe de l’hermaphrodite. Le nom et ses connotations vient souvent comme un masque, mais par ce nom, le réel re-vient, il s’agit alors d’une re-présentation, ici de la complétude initiale perdue à la naissance, perte réitérant la même césure que quand il n’était question que de parthénogenèse entre organismes monocellulaires.
La santé psychique est alors la chose et le nom, commutant indifféremment.
Le préverbal, l’aconceptuel sont garants de la source. Le nom générant la conscience non comme but en tant que lettre, mais en tant que moyen, est donc originé dans les circonstances premières et l’anecdote première, si tant est que le Big Bang ne soit pas qu’un train masquant celui du vide quantique, et ainsi de suite…
L’eucharistie peut donc être dite partout ou nulle- part, la genèse également, mais pas l’apocalypse des cons, celle-ci nulle part ailleurs que dans les mini décompensations que facilitent entre autres les œuvres d’art qui, dans le même mouvement, compensent par du neuf archaïque, ou de l’archaïque novateur, mais ne sont ; leur efficace, jamais con-venues.
Pour moi : »Se libérer du connu »
Pour moi : »connaître l’inconnu et ne pas s’y laisser emprisonner »
Incarnats de concepts qui, de se faire chair, deviennent muets, quoiqu’actifs : les habitations lacustres des castors, ou bien encore à l’inverse, les placebos…


Preuve…mais de quoi ?


A partir du concept de MOI PEAU de Didier Anzieu, penser l’interface entre soi et le monde de telle sorte que cet entre-deux soit objectivé sémantiquement et concrètement et que, dans un médium donné, cet entre-deux soit prouvé.
Nous l’avons dit, le réel dosage de concrétude, d’abstraction, de savoirs, de figure, et caetera, varie chez chaque individu et, chez un seul individu, est mouvant dans le temps et l’espace.
Ce qui importe est la forme juste des poèmes, collant au plus près de la psyché d’au moins un sujet dans ce miroir : l’artiste lui-même et son amour propre, instinctif chez l’animal, mais problématique chez l’humain. Le reste est le « venir avec ».
En effet, le marché de l’art chosifie, l’histoire fossilise et la critique privatise et limite les possibles de ce qui n’est, il ne faut pas se leurrer, qu’un moyen parfois extraordinaire, mais, et surtout pour l’artiste honnête, mort-né à sa prétention même, qui est, encore une fois, de tout dire pour soigner la blessure des paradoxes non narcissiques…L’oeuvre est convoquée pour prendre place dans le fonctionnel, ou le naturel naturant et en ce qui concerne les miennes, trop rarement pour incarner une autre psyché, ou alors sans que celle-ci ne me fasse l’offrande d’autre chose que d’un peu de « flesh », poèmes n’appelant que trop rarement de poésie étrange.
Le registre de la preuve appartient à Apollon, Dionysos serait alors l’autosuffisance du poète dont la liberté requiert une forme orthonormée à la fin de s’échanger. L‘anarchie a donc besoin de faisceaux et le réel, le protocole échangiste des symboles, est ce paradoxe que la preuve qu’est l’œuvre créée, sera toujours minée par le doute, puisque même un chef-d’œuvre n’épuise ni besoin, ni désir.
Le nomadisme est le signifié, le nom est signifiant, si et seulement si ce nom est poème, même de monsieur Jourdain.
Deux sujets extrêmes : Celui du Logos et celui de la Poésie que viabilise un sujet médian, celui de la Technique. A quoi se résoudra, in fine, le poème source après son passage dans le Dasein et le vrai neuf, qui étaye à son tour le poème à venir.
Pour la technique qu’est la libido individuelle, la norme est ambivalente parce que chacun est aussi cette part du poème et cette part de la logique que chaque compensation viabilise autant qu’elle lui donne forme.(Souvent, à mes yeux, la formate)
Là est le créé, le donné vierge étant un leurre nécessaire installant une omnipotence magique, si les armes pratiques du peintre sont à la hauteur de ses ambitions.
Le même est ou sera le donné vierge fantasmatique, ou abjectement requis, je vise effectivement quelqu’un.
Il fait cesser la plainte comme la jouissance en faisant retour au neutre qui instinctive l’artifice.
Il est le réquisit de Frank Stella, son «tru» quelque chose : « What you see is what you see »…que tente de compléter mon : « What you see is yourself as another one »
Par Narcisse, pour éviter celui-ci, et souhaitable ou pas, le différentiel est l’insupportable solitude sans nom que tout poème tend à dire, à peindre, à chanter, à sculpter, et cætera.
Il ne peut donc y avoir, en art, de narcisse intrasystémique, parce que ce qui dit le monde dans cette catégorie de pensée, ce qui fait temporairement monde, n’est qu’un fantasme. Celui du Truisme des Truismes, n’est qu’un moyen « logique ».
La seule prise en compte du temps qui explose l’être d’Heidegger, tout comme le mien, le plus tard sera le mieux, doit lui aussi être interrogé par le différentiel pour pouvoir en déterminer le statut.
L’anecdote qu’est en ce moment l’occident nous est de plus en plus insupportable. Le concept d’anecdote au sens classique du terme relègue celui-ci au rang d’exemple et certains s’en plaignent ; pourtant, ce dont on jouit en dépend.


Les embrayeurs


Les collections muséales d’œuvres d’art sont un lieu de pèlerinage, une Mecque pour plusieurs raisons.



La première tient à la réalité des œuvres qu’elles présentent : celle-ci est spirituelle et différentielle parce qu’elle est, dans chaque œuvre singulière, l’incarnat du phénomène qui lie l’être profond de l’artiste avec ce qu’il appréhende comme référent, comme motif. Ceci est toujours vrai quel que soit le cocktail de ces alcools forts que sont le Concret, l’Abstrait, la Figure, le Subjectif et l’Objectif.



La deuxième tient également à la réalité des œuvres qu’elles présentent : celle-ci se différencie de la réalité des formes naturelles ou utilitaires en ce qu’elle dépénalise et dévénalise parce qu’elle l’infantilise, la psyché du spectateur, ce que malgré les ready-made, on justifie de manière arborescente, causale, fonctionnelle, utilitariste et prouvable quand on est adulte.



La troisième tient enfin à la réalité des œuvres qu’elles présentent : elle tend un miroir exact et pourtant altérant à l’amateur en le débarrassant du fatras endossé lors de sa puberté et de son dépucelage.



Ce jeu gratuit restaure l’enfance et son Dieu dont l’existence est évoquée par Jean-Louis Scheffer dans la conclusion de « La cause des portraits ».

Infantiliser un adulte, c’est lui procurer les outils d’un vieillard lettré en même temps qu’on restaure son monde enfantin perdu.

En ce sens, l’œuvre est un prétexte, un miroir pour sa propre récréation.

C’est un embrayeur libre qui n’a rien à voir, au sens strict du terme, avec un label déposé, à toutes fins utilitaires, dans la bible de l’art contemporain.

Nous l’avons dit, toute œuvre est contemporaine…et que pourrait-elle être d’autre ?


Qui différenciera un dessin d’enfant d’un chef-d’œuvre ?


Parle aux cons, ils te répondront peut-être par un dessin ou un poème…

Je suis un vieux con qui a refusé une part non négligeable de l’apprentissage castration quelque part vers douze ou treize ans au lycée Carnot.

Un vocabulaire plastique, j’en ai un qui n’a aucun équivalent obligatoire, quand les adultes responsables expliquent que leurs gnoses font le verbe dieu objectif.

Comme tous les gamins, j’ai toujours su en être un et, contre vents et marées, en rester un… subjectif !




FIN
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dernière m.à.j. le Mercredi 28 Juin 2017